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Les taxis-motos sont interdits.

Naina Andriantsitohaina : « Taxi-moto à Antananarivo ? Pas question »

Naina Andriantsitohaina a été catégorique durant son intervention à la télévision sur les taxis-moto. La mobilité urbaine a toujours été problématique dans la capitale. Un autre défi de taille qui se dresse devant l’équipe de la Commune urbaine d’Antananarivo.

Durant le confinement, les modes de transport alternatifs se sont développés en l’absence des taxis-be avec les taxis-motos et taxis-vélos, voire les taxis-charrettes. Alors que l’activité perdure même au retour des transports en communs conventionnels, le maire refuse catégoriquement cette activité dans la ville d’Antananarivo. « Il n’y aura pas de taxi-moto à Antananarivo, a lancé Naina Andriantsitohaina, durant son intervention à la télévision le 27 septembre. La commune en a déjà parlé avec les associations de taxis ». Les taxis-motos et autres taxis-vélos sont considérés comme des taxis clandestins. Le maire d’ajouter que les tuc-tuc couramment appelés « Bajaj » ne seront pas non plus autorisés. D’après lui, cela ne fera qu’amplifier le désordre qui règne déjà dans les rues de la capitale. Le directeur des transports et de la mobilité urbaine au sein de la CUA, Rafenoarison Bemanana Vigor, indique que les taxis-motos ont toujours été interdits. Ce dernier d’annoncer que face à cet engouement pour le transport illicite, une opération de grande envergure sera menée dans les prochains jours, sans pour autant donner des précisions.

Embouteillage

Au-delà de l’illégalité, les taxis-motos constituent une forme de concurrence déloyale pour les taxis conventionnels. Ne payant aucune taxe, ces deux-roues proposent des courses à des prix cassés. Pour aller, par exemple, d’Andravoahangy à Andraharo, il faut compter pas moins de 10.000 ariary avec un taxi-ville, la moitié avec un taxi-moto. Un habitant d’Itaosy indique qu’il est client de ces deux-roues essentiellement pour le prix et pour le gain de temps, les motos pouvant se faufiler dans les embouteillages. « J’ai même des numéros de taxi-motos dans mon répertoire », ajoute-t-il. Un chauffeur de taxi faisant partie de la FTAR (Association des taxis à Antananarivo) confirme, pour sa part, les pourparlers engagés au niveau de la commune. « L’avènement de ces taxis-motos ont des répercussions sur notre travail », se plaint ce dernier qui attend beaucoup des mesures prises par la commune.

Transport de personnes

Les services formels de livraisons sur deux-roues qui transportent de plus en plus de personnes sont, de leur côté, dans l’expectative. « Nous nous sommes réunis entre nous. Nous prévoyons de rencontrer le maire dans les prochains jours pour plaider notre cause », indique la responsable d’une de ces entreprises. Elle indique qu’avant le confinement, le transport de personnes représente plus de la moitié de leurs chiffres d’affaires. « Les gens préfèrent la moto car c’est plus pratique dans les embouteillages », explique-t-elle, en faisant savoir que son entreprise fait travailler actuellement plus d’une vingtaine de personnes, des coursiers aux standardistes.