À l’occasion de la Journée africaine de la médecine traditionnelle, l’entreprise pharmalagasy a tenu un stand à Anosy depuis ce matin. C’est l’occasion d’échanger avec Ramananasolo, directeur de la promotion médicale et pharmaceutique de  cette entreprise publique.
Studio Sifaka (SS) : On a beaucoup entendu parler du CVO et du CVO+ durant la pandémie de Covid-19. Mais depuis la fin de cette crise, ces produits se sont faits plus discrets. Où en est-on aujourd’hui ?
Ramananasolo (R) : Le CVO n’a pas disparu. Il est toujours là . Nous l’avons par exemple déployé à Ikongo, où il a été utilisé dans la lutte contre le paludisme. Les résultats ont été visibles et des demandes continuent de nous parvenir. Ce qu’il faut retenir, c’est que le CVO n’est pas seulement un remède contre le Covid-19, mais il contribue également à la prise en charge du paludisme.
SS : Donc le CVO et le CVO+ ne concernent pas uniquement le coronavirus ?
- : Exactement. L’artemisia, plante qui sert de base au CVO, est l’une des plus efficaces contre le paludisme, car elle contient l’artémisinine, principe actif utilisé dans les traitements antipaludiques partout en Afrique.
SS : Est-ce le même CVO distribué pendant la crise sanitaire qui est administré aux patients atteints du paludisme ?
- : Le traitement du paludisme ne se limite pas à donner un produit unique. Aujourd’hui, nous développons l’ACT (combinaison thérapeutique à base d’artémisinine), issue de l’artemisia, reconnue comme efficace contre le paludisme. Mais le CVO et le CVO+ gardent un rôle important, notamment en prévention.
SS : Quels résultats concrets avez-vous constatés à Ikongo ?
- : Une diminution des cas. Des équipes de santé ont été envoyées sur place, certaines y travaillent encore. Le recul des cas n’a pas seulement été observé à Ikongo, mais aussi dans d’autres régions, car le paludisme reste présent sur l’ensemble du territoire.
SS : Comment se porte aujourd’hui la production de Pharmalagasy ?
- : Nous ne produisons pas que le CVO. En tant qu’entreprise pharmaceutique, nous développons plusieurs gammes de médicaments, en partenariat avec d’autres acteurs. Cela va des remèdes traditionnels améliorés (RTA) aux médicaments de base comme le paracétamol ou l’ibuprofène. Nous avons déjà sept produits de ce type, et nous avançons pas à pas vers une production plus large et diversifiée. Et nous sommes en ce moment dans la phase d’éssai.
SS : Vous avez évoqué des essais en cours. De quoi s’agit-il exactement ?
- : Il s’agit d’essais commerciaux. Les personnels de santé testent la qualité et le prix de nos produits. Ces essais sont limités dans le temps et les médicaments circulent déjà progressivement sur le marché. La fabrication de médicaments reste un processus délicat, qui nécessite plusieurs étapes de validation.
SS : Justement, peut-on espérer que ces médicaments locaux soient moins chers que ceux importés ?
- : C’est l’objectif. Aujourd’hui, 99 % des médicaments consommés à Madagascar sont importés, ce qui explique leur coût élevé. En produisant localement, nous pouvons réduire les prix tout en respectant les normes internationales. Notre mission est claire : mettre à disposition des Malgaches des médicaments accessibles et de qualité.
Propos recueillis par Ravo Andriantsalama