Depuis ce matin, une lettre présentée comme une délibération de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) circule sur les réseaux sociaux. Celle-ci évoque l’octroi d’une prime globale de six cent quinze millions d’ariary à ses membres. À ce stade, aucune confirmation ni aucun démenti officiel n’a été apporté par l’institution. Les personnes concernées ne se sont pas clairement prononcées sur le sujet. L’authenticité de ce document reste donc à établir dans les heures à venir.
« Je ne confirme pas, mais je n’infirme pas non plus. » Tels sont les propos du président de la Haute Cour constitutionnelle, Florent Rakotoarisoa, joint par téléphone cet après-midi, alors qu’une information se propage sur les réseaux sociaux concernant l’octroi d’une prime de six cent quinze millions d’ariary aux membres de la HCC. Selon la liste en circulation, le président percevrait la somme la plus élevée, soit cent millions d’ariary. D’après le président, il est dans le Sud du pays depuis une semaine et n’a pas encore d’informations sur le sujet.
Toujours d’après ce document, les huit hauts conseillers recevraient chacun cinquante millions d’ariary.  Tandis que les trois nouveaux membres recevront vingt-cinq millions d’ariary chacun. Les trois anciens hauts conseillers ayant démissionné figureraient également sur la liste, avec une prime de cinquante millions d’ariary chacun. Le greffier en chef et le secrétaire général compléteraient cette répartition, avec respectivement dix millions et trente millions d’ariary.
Instructions en attente
Joint par téléphone quelques minutes avant le président, le secrétaire général de la HCC, Firiana Rakotonjanahary Ranesa, adopte lui aussi une posture prudente. Il affirme avoir vu le document circuler sur les réseaux sociaux, mais indique attendre les instructions de ses supérieurs avant de s’exprimer publiquement. À ce stade, aucun élément officiel ne permet donc de confirmer ou d’infirmer l’existence réelle de cette liste, qui semble, à première vue, être une délibération émanant de l’institution d’Ambohidahy.
Le document en question est muni de l’en-tête de la HCC, du cachet rouge de la Haute Cour, ainsi que de la signature du secrétaire général, et serait daté du 30 décembre dernier. Interrogé sur la présence de sa signature, Firiana Ranesa se montre réservé : « De nos jours, tout le monde peut reproduire ce genre de document. En attendant les consignes sur la posture à adopter, je ne peux rien dire. Je n’ai pas d’éléments de réponse à fournir. »
En cette période qualifiée d’austérité budgétaire, l’opinion publique pourrait difficilement comprendre l’octroi d’une prime de six cent quinze millions d’ariary aux membres de la HCC. Et ce, bien que ces derniers occupent une place centrale dans l’architecture institutionnelle de la refondation, notamment dans le contrôle de la constitutionnalité des textes de loi avant leur promulgation.
Ravo Andriantsalama





