Face à la propagation de la variole du singe à Madagascar, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a renforcé les mesures sanitaires dans les établissements touristiques. Sur le terrain, leur application reste toutefois inégale, entre anticipation de certains opérateurs et manque d’information chez d’autres.
Face à la propagation de la variole du singe (Mpox) à Madagascar, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a publié, le 6 janvier, une note de service visant à renforcer les mesures sanitaires au sein des établissements touristiques et hôteliers.
Cette note recommande notamment le port obligatoire de masque dans les hôtels, restaurants, agences de voyage, sites touristiques ainsi que lors des activités guidées. Elle insiste également sur le renforcement des opérations de nettoyage et de désinfection des locaux et des surfaces fréquemment touchées.
Une application inégale des mesures sur le terrain
Sur le terrain, l’application de ces mesures reste toutefois inégale. Certains établissements ont anticipé les directives ministérielles. Dans la capitale, un hôtel accueillant majoritairement une clientèle étrangère affirme avoir pris des dispositions dès l’annonce des premiers cas de Mpox dans le pays.
« Nous appliquons les mesures depuis que nous avons appris la présence de cette maladie chez nous, c’est-à -dire depuis une semaine. Nous nous sommes approvisionnés en cache-bouches et en gel hydroalcoolique pour le personnel et les clients. Le nettoyage est renforcé, notamment sur les poignées et les surfaces les plus touchées par les clients », explique la gérante de l’établissement.
Mais cette rigueur n’est pas partagée par tous. Certains établissements préfèrent observer l’évolution de la situation avant de se conformer pleinement aux recommandations, tandis que d’autres reconnaissent ne pas être encore informés des mesures à appliquer.
« Nous n’avons pas encore tout le nécessaire pour nous protéger. Mais nous allons bientôt équiper notre personnel en cache-bouches. Pour le moment, chacun achète le sien », confie un responsable.
Un autre gérant admet un manque d’information : « Honnêtement, nous n’étions pas au courant de ces mesures. Nous avons une trentaine d’employés et nous accueillons une cinquantaine de clients par jour. »
De son côté, la Confédération du tourisme de Madagascar se dit préoccupée par l’impact potentiel de la Mpox sur le secteur. Elle propose plusieurs mesures concrètes, dont la mise en place d’une cellule nationale de gestion de crise associant les secteurs public et privé, l’élaboration de plans de contingence, le déploiement d’une communication de crise efficace et la formation des acteurs touristiques aux protocoles d’urgence.
Par ailleurs, les voyageurs en provenance de Madagascar sont désormais tenus de présenter un certificat médical attestant qu’ils ne sont pas atteints de la variole du singe, une mesure destinée à limiter la propagation de la maladie au-delà des frontières.
Fanomezana Angelo et Ravo Andriantsalama







