Sur une dizaine de personnes ayant succombé aux intempéries provoquées par le passage du cyclone Grants sur le littoral Est de Madagascar, quatre ont été frappées par la foudre. Face à cette situation préoccupante, le directeur général du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) a déjà tiré la sonnette d’alarme quant à la recrudescence de ces cas.
Aujourd’hui, on s’intéresse à ce phénomène avec le directeur général de la Météorologie, au sein du ministère des Transports et de la Météorologie, Luc Randriamarolaza. À travers cet entretien, il apporte un éclairage scientifique sur un phénomène parfois attribué au vaudou par une partie de l’opinion publique. Le DG de la Météorologie s’attache ainsi à démystifier cet aléa naturel.
Studio Sifaka (SS) : Qu’est-ce qui provoque réellement la foudre ?
Luc Randriamarolaza (LR) : « La foudre est le résultat du frottement entre les nuages et de l’attraction entre les charges positives et négatives présentes à la fois dans les nuages et entre les nuages et le sol. Lorsqu’il pleut et que des orages sont susceptibles de se produire, nous appelons toujours la population à la vigilance. Il faut également rappeler que ce phénomène dépend en partie de la manière dont nous modifions notre environnement. Par exemple, l’utilisation de matériaux métalliques dans les habitations peut attirer la foudre et augmenter les risques de chutes de foudre à proximité. »
SS : Quels sont alors les gestes à adopter pour se protéger ?
LR : « La première recommandation concerne l’installation de paratonnerres. Il est aussi déconseillé de s’abriter sous les arbres et d’utiliser le téléphone pendant la pluie, car ces éléments peuvent attirer la foudre. Le meilleur moyen de prévention reste également le suivi des informations météorologiques diffusées par nos services. À ce titre, nous émettons des alertes de forte vigilance pluie. La population est invitée à rester vigilante afin de protéger sa vie et ses biens. »
SS : On constate ces derniers temps une augmentation des cas de personnes frappées par la foudre. Y a-t-il une raison particulière ?
LR : « La foudre a toujours existé, il ne s’agit pas forcément d’une augmentation de sa fréquence. En revanche, nos comportements peuvent parfois changer la donne. Il ne faut pas considérer que seuls les phénomènes météorologiques sont en cause : notre mode de vie peut également rendre le climat plus agressif. Quoi qu’il en soit, les phénomènes extrêmes tendent à s’intensifier aujourd’hui en raison du changement climatique, d’où la nécessité de disposer d’équipements conformes aux normes afin de mieux anticiper les risques. »
SS : Existe-t-il des zones particulièrement exposées à la foudre ou tombe-t-elle de manière aléatoire ?
LR : « En général, la foudre frappe plus fréquemment les zones en altitude, car elles sont plus proches des nuages. C’est notamment le cas des Hautes Terres centrales, où les échanges entre le sol et les nuages se produisent plus rapidement. »
Propos recueillis par Ravo Andriantsalama
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