Des déclarations cinglantes, des absences remarquées et des invités inattendus. La cérémonie de présentation de vœux du TIM à Tanjombato relance les spéculations sur de profondes divisions internes au parti de Marc Ravalomanana et sur d’éventuels rapprochements politiques jugés improbables.
« Le fait de soutenir le pouvoir en place ne signifie pas que l’on doive renier notre appartenance au parti TIM. Certains ont peur de s’afficher comme membres du parti. » À qui sont destinés ces mots du député Tiako i Madagasikara (TIM), Fidel Razara Pierre, prononcés samedi lors de la cérémonie de présentation des vœux du parti à Tanjombato ?
Ces deux phrases sonnent comme une pique à l’endroit des membres du parti qui n’ont pas daigné se présenter à la traditionnelle cérémonie de vœux du Nouvel An du clan Ravalomanana. Sans être nommés, plusieurs poids lourds du parti étaient visiblement visés, notamment l’actuelle secrétaire d’État à la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa, la ministre du Tourisme, Lily Rafaralahy, ainsi que la cheffe de région Analamanga par intérim, Clémence Raharinirina.
Pourquoi ont-ils été absents ? Est-ce par crainte de compromettre leurs fonctions actuelles ou pour une toute autre raison ? Pour l’heure, aucune certitude ne permet de trancher. Plusieurs interrogations subsistent après l’événement de samedi au Magro Tanjombato, notamment sur la possibilité d’une fracture au sein du parti entre ceux qui ont rejoint le pouvoir et ceux qui restent fidèles au TIM. Interrogé à ce sujet, l’analyste politique Serge Zafimahova élude la question. Selon lui, seuls les membres du TIM sont en mesure d’y répondre, puisqu’il s’agit d’affaires internes au parti.
Alliance contre nature
En l’absence de plusieurs figures emblématiques du TIM, d’autres personnalités politiques ont toutefois fait une apparition remarquée. L’exemple le plus frappant reste la présence du sénateur Nepatraiky Rakotomamonjy, réputé proche de l’ancien régime. Une autre question se pose alors : existe-t-il une possibilité, même infime, d’une coopération, voire d’une alliance, entre les deux plus grands partis politiques du pays, au vu de la présence d’un élu « orange » lors d’un meeting du TIM ?
Rina Randriamasinoro, secrétaire général du parti de « Dada », rejette catégoriquement cette hypothèse. Joint par téléphone ce matin, le numéro deux du TIM explique que la présence de certains partisans de l’ancien régime relève de relations personnelles et non d’une alliance politique.
Rien n’est donc sûr, pour l’instant, quant à une éventuelle collaboration entre le TIM et le TGV ou encore l’IRMAR. Ce qui est certain, en revanche, c’est que Marc Ravalomanana et ses proches se disent d’ores et déjà prêts à en découdre lors des prochaines échéances électorales, en particulier la prochaine présidentielle.
Ravo Andriantsalama







