Le processus de renouvellement de l’AGOA progresse aux États-Unis avec un vote favorable de la Chambre des représentants. Pour Madagascar, dont l’industrie textile dépend largement de ces accords préférentiels, l’espoir d’une stabilité jusqu’en 2028 se précise, tandis qu’une délégation nationale mène une offensive diplomatique à Washington.
Le renouvellement de la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA) vient de franchir une étape majeure. Le texte a été adopté par la Chambre des représentants, l’équivalent de la chambre basse américaine. Pour que cette reconduction devienne effective, il ne reste plus que deux étapes : l’aval du Sénat et la promulgation officielle par le président Donald Trump.
Si ce processus aboutit, l’accord sera prolongé jusqu’en 2028. Ce signal positif permet aux entreprises implantées à Madagascar, dont l'activité dépend de ce marché, de commencer à souffler. L’optimisme est de mise, d’autant qu’une délégation malgache, conduite par le ministre du Commerce et l’ambassadrice de Madagascar aux États-Unis, se trouve actuellement à Washington pour plaider la cause de la Grande Île.
L’importance de ce renouvellement est capitale pour le secteur textile, un des piliers de l’économie malgache. Joint par téléphone en fin de matinée, Hery Lanto Rakotoarisoa, président du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), a exprimé son optimisme quant à l’issue de cette loi. Il a toutefois précisé que les modalités techniques du texte ne seraient discutées qu'après la signature finale du président américain.
Rétroactivité                           Â
Parmi ces détails, Madagascar mise sur un lobbying actif pour obtenir la rétroactivité de la loi. L’objectif est de couvrir le deuxième semestre de l’année précédente, afin d’indemniser les opérateurs qui ont dû s'acquitter de surtaxes douanières depuis la fin du mois de septembre 2025.
Pour l’économiste Rakoto David Olivaniaina, cette période d’attente doit être perçue comme une opportunité de réflexion stratégique pour Madagascar et l'ensemble du continent. Selon lui, il est crucial de ne pas dépendre uniquement du marché américain et de miser davantage sur le marché africain. Bien que le pouvoir d’achat y soit souvent plus modeste, l'expert souligne que l'immensité de ce marché, notamment à travers la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe), offre des perspectives de croissance majeures.
En misant sur des économies d’échelle, Madagascar pourrait tirer profit de ces accords régionaux. Pour Rakoto David Olivaniaina, il est impératif de prendre en compte tous ces paramètres géopolitiques et économiques avant de conclure des accords avec un pays tiers.
Ravo Andriantsalama






