La propagation du Mpox, combinée à l’entrée progressive en basse saison, affecte la fréquentation de la gare routière d’Andohotapenaka. Entre inquiétudes sanitaires, baisse du pouvoir d’achat et absence de dispositifs stricts de prévention, chauffeurs et voyageurs tentent de s’adapter à une situation de plus en plus incertaine.
Entre maladie contagieuse et voyages obligatoires, les passagers des taxis-brousse stationnés à la gare routière d’Andohotapenaka circulent tant bien que mal dans le grand hall. Ils sont quelques centaines à attendre le départ de leurs véhicules, la confirmation de l’envoi d’un colis vers les provinces, ou encore à travailler sur place. Les employés de la gare sont d’ailleurs aussi nombreux que les voyageurs en cette période estivale, qui correspond à la basse saison pour les transporteurs des routes nationales n°4 et n°6.
Selon les responsables de la gare, puisqu’il s’agit de la basse saison, il est logique que les clients se fassent de plus en plus rares. D’autant plus que l’arrivée du « monkeypox », ou variole du singe, n’a fait qu’aggraver la situation depuis la mi-décembre.
Pour Evelyne, guichetière de la coopérative Kofimanga, reliant la capitale à l’ouest et au nord du pays, « les clients sont peu nombreux. On ne sait plus si c’est à cause de la maladie ou simplement de la baisse du pouvoir d’achat en ce mois de janvier. D’un autre côté, on entre progressivement dans la basse saison après les vacances. D’ailleurs, pendant les fêtes, cela a été difficile : il n’y a eu que cinq jours de forte affluence, puis le nombre de voyageurs a diminué peu à peu ». Pourtant, la basse saison n’est censée débuter que vers la fin du mois de janvier.
Normalité                                     Â
Malgré la diminution progressive des voyageurs, la gare routière d’Andohotapenaka reste bondée au moment de notre passage. Bien que la maladie sévisse désormais dans plusieurs régions du pays, les professionnels du transport public essaient tant bien que mal de joindre les deux bouts.
Selon Rivo, chauffeur d’un taxi-brousse reliant la capitale à Antsiranana, le Mpox n’a pas trop d’incidence sur son travail, mis à part la baisse du nombre de clients. De plus, sur son trajet, il n’existe pas encore de barrière sanitaire et, avec la pluie qui s’est arrêtée depuis quelques jours, il essaie d’effectuer le plus de voyages possible. « Même s’il y a la maladie, cela n’a pas beaucoup changé nos habitudes. On part d’Antsiranana et on ne s’arrête qu’une fois arrivé ici. Jusqu’à présent, je n’ai encore vu aucune barrière sanitaire », avance-t-il.
Il en est de même pour Jasmine, une femme partie de Toamasina pour se rendre à Mahajanga, avec une escale à Antananarivo afin d’être transbordée d’un véhicule à un autre. Elle affirme ne pas craindre le monkeypox, puisqu’elle prend déjà toutes les précautions nécessaires. « Même si je dois faire un long voyage, je n’ai pas peur de la maladie, car je prends mes précautions. Je n’enlève presque jamais mon masque et je me lave les mains chaque fois que c’est possible », explique-t-elle.
Elle place ainsi une confiance presque aveugle dans les mesures sanitaires imposées par les autorités dans les gares routières. Pourtant, celles-ci restent actuellement très limitées, au vu du dispositif mis en place à la gare Maki : pas de barrière sanitaire à l’entrée, pas de port du masque obligatoire, seulement trois bidons jaunes pour permettre aux voyageurs de se laver les mains avant de pénétrer dans l’enceinte.
Ravo Andriantsalama







