Deux lions d’Afrique se sont livrés une bataille finale historique au terme d’une Coupe d’Afrique des nations riche en émotions. Le Sénégal s’impose 1 à 0 et remporte pour la deuxième fois de son histoire la CAN. Mais la tension en fin de match a gâché le spectacle et terni l’image du football africain.
Chronologie de la fin d’une finale épique et historique
Fait de jeu, erreur d’arbitrage ou simple coup du destin ? Quoi qu’il en soit, les Lions de la Teranga décrochent un deuxième titre continental à l’issue d’une finale épique et historique face aux Lions de l’Atlas marocains. Les hommes de Pape Thiaw remportent donc la Coupe d’Afrique des nations 2025 sur la plus petite des marges, 1 à 0. Le déclic intervient dès le début de la prolongation, avec un tir somptueux du milieu de terrain de Villarreal, Pape Gueye, à l’entrée de la surface de réparation marocaine. Malgré les attaques incessantes du Maroc jusqu’à la 120e minute, les Sénégalais tiennent bon et obtiennent ainsi une deuxième étoile sur leur maillot avant d’aller disputer la Coupe du monde sur le continent américain.
Mais le match avait déjà basculé bien avant le but des Verts. Dans les dix dernières minutes du temps réglementaire, Seck, le défenseur sénégalais, marque après un cafouillage sur corner. L’arbitre congolais de la rencontre n’accorde cependant pas le but, estimant qu’il y a eu une poussette sur le Marocain Achraf Hakimi. L’arbitrage vidéo (VAR) n’appelle pas l’arbitre central pour une éventuelle révision de la décision et le jeu se poursuit. Les quelques supporters sénégalais présents au stade Prince Moulay Abdellah grognent, les commentateurs sont abasourdis, mais Jean‑Jacques Ndala ne change pas d’avis. Le match reprend avec un rythme élevé, malgré les 85 minutes déjà disputées.
Quelques minutes plus tard, le Maroc obtient un corner tiré par Abde Ezzalzouli. Le Sénégal se dégage, mais Brahim Diaz se plaint d’avoir été bousculé lors du coup de pied arrêté. Le VAR intervient cette fois, appelle l’arbitre pour visionner les images, et ce dernier accorde un penalty à quelques minutes de la fin du temps réglementaire. Le ton monte alors sur et en dehors de la pelouse. Staffs et joueurs s’expliquent vivement, tandis que des supporters sénégalais s’échauffent avec les forces de l’ordre. Pape Thiaw, le sélectionneur du Sénégal, rappelle ses troupes au vestiaire.
Honteux                                             Â
Le jeu est interrompu. Le brouhaha dans le stade prend de l’ampleur et les échanges deviennent de plus en plus musclés. Sadio Mané est l’un des rares joueurs en vert encore présents sur le terrain. Après quelques minutes de tergiversations, il appelle ses coéquipiers à revenir, et après environ dix minutes d’arrêt, le jeu reprend enfin. Brahim Diaz, milieu du Real Madrid et numéro 10 des Lions de l’Atlas, prend alors le ballon et la responsabilité d’offrir une deuxième étoile à sa nation, après près de cinquante ans de disette. Coup du sort ou clin d’œil du destin, le meilleur buteur de cette édition de la CAN tente une Panenka. Edouard Mendy, le portier sénégalais, ne se laisse pas tromper et capte facilement le ballon.
Le stade plonge dans un silence pesant. Brahim Diaz s’effondre, consolé par ses coéquipiers et réprimandé par son sélectionneur, Walid Regragui. L’arbitre siffle la fin du temps réglementaire et la prolongation débute. L’histoire s’écrit finalement du pied gauche de Pape Gueye. Après le match, la tension ne retombe pas et les déclarations restent dures. Lors de la conférence de presse, Walid Regragui prend la défense de Brahim Diaz, affirmant que le long arrêt de jeu n’a pas aidé son joueur. Il déclare toutefois : « Cela n’explique pas la façon dont il a frappé le ballon… On a gâché une occasion de toute une vie. »
Les incidents survenus durant cette rencontre sont rares, voire inédits, dans le football africain. « Ce qui devait être la fête du football du continent est devenu une honte », confie un supporter marocain à la fin du match. Une violence inouïe pour, au final, un simple match de football. L’image donnée par l’Afrique est négative à quelques mois de la Coupe du monde, notamment en ce qui concerne l’arbitrage, qui n’a jamais fait l’unanimité lors des compétitions continentales. Les événements de cette finale ne font que raviver la polémique.
Ravo Andriantsalama





