Quelques mois après son installation à la tête du pays, le colonel Michaël Randrianirina multiplie les déplacements et les contacts diplomatiques. De l’Afrique du Sud aux Émirats arabes unis, en passant par un détour « discret » à Dubaï, le président de la refondation tente d’ouvrir des canaux avec plusieurs grandes puissances, dans l’espoir de sortir Madagascar de l’isolement et d’obtenir une reconnaissance internationale de jure.
La fin de semaine dernière, le colonel Michaël Randrianirina a effectué une visite de travail officielle de deux jours à Pretoria. Reçu par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, le chef de l’État de la transition a abordé plusieurs dossiers bilatéraux, mais surtout une question stratégique : le rapprochement de Madagascar avec le groupe des BRICS regroupant notamment le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.
Selon ses déclarations, Antananarivo a officiellement exprimé son souhait de devenir pays partenaire de ce bloc géopolitique et économique majeur. Une demande qui aurait reçu un écho favorable du côté sud-africain. Ce statut, sans équivaloir à une adhésion pleine, permettrait à Madagascar de gagner en visibilité sur la scène internationale, de renforcer son poids diplomatique et d’accéder à des mécanismes de coopération économique et financière, notamment par l’intermédiaire de la Nouvelle Banque de Développement des BRICS.
A son arrivé à Ivato, le locataire d’Iavoloha confirme que l’Afrique du Sud soutient cette démarche et que Madagascar pourrait même être convié au prochain sommet des BRICS, prévu en Inde en juin-juillet 2026. Une invitation qui, si elle se concrétise, constituerait un signal politique fort pour les autorités issues de la transition.
Des Émirats arabes unis au Golfe
Avant l’étape sud-africaine, le colonel Mickael Randrianirina s’était rendu aux Émirats arabes unis pour participer, du 12 au 14 janvier, à la Semaine du développement durable à Abu Dhabi. Présenté comme son premier déplacement officiel à l’étranger depuis son accession au pouvoir, ce voyage s’inscrivait sous le signe de la diplomatie économique.
Les autorités malgaches ont mis en avant la volonté de renforcer les relations bilatérales avec les Émirats et de promouvoir Madagascar comme destination d’investissements dans des secteurs jugés prioritaires : énergie, infrastructures, agriculture et tourisme. Le président de la refondation a assuré que la Grande Île entend demeurer un partenaire stratégique fiable pour les Émirats arabes unis.
En marge de cette visite officielle, certaines sources locales font état d’un déplacement discret à Dubaï, où le colonel aurait rencontré des diplomates émiratis, américains et israéliens. Une information sensible, qui n’a toutefois été ni confirmée ni démentie par les autorités malgaches.
De Pretoria à Abu Dhabi, en passant par le Golfe, la nouvelle équipe dirigeante affiche ainsi une diplomatie tous azimuts. Derrière les annonces de partenariats et les promesses de coopération économique se profile un objectif central : obtenir la reconnaissance internationale de jure du régime issu du coup d’État d’octobre dernier. Une reconnaissance encore incertaine, mais pour laquelle Madagascar semble désormais prêt à frapper à toutes les portes, y compris celles des grandes puissances d’ouest jusqu’à l’est.
Ravo Andriantsalama        Â





