Réforme de l’identité : l’État enclenche la mobilisation générale
La modernisation de l’état civil entre dans une phase opérationnelle. Réunis à Antananarivo les 21 et 22 janvier, les représentants de l’État issus des différentes circonscriptions administratives sont appelés à jouer un rôle central dans la réussite de la réforme de la gestion de l’identité, portée par le ministère de l’Intérieur.
La réforme de l’identité n’est plus seulement un chantier technique, elle devient un enjeu territorial. À l’hôtel Carlton d’Anosy, préfets, préfets de police, secrétaires généraux de préfecture et chefs de district participent à un regroupement stratégique destiné à renforcer leur implication dans la mise en œuvre de la Réforme de la gestion de l’état civil et de l’identité (RECI).
Selon le ministère de l’Intérieur, cette rencontre vise à mobiliser l’ensemble des acteurs placés sous sa chaîne de commandement afin d’assurer la réussite d’un programme structurant pour l’administration publique. Le projet est financé par la Banque mondiale dans le cadre du Programme de gouvernance digitale et de gestion de l’identité malagasy (PRODIGY), qui ambitionne de moderniser les services d’état civil et de fiabiliser l’identification des citoyens.
Sur le terrain, les représentants de l’État occupent une position stratégique. Ils assurent à la fois la supervision des services d’état civil, le contrôle des mouvements de population et la délivrance de la carte nationale d’identité. Autant de responsabilités qui justifient leur implication précoce dans le processus, afin de garantir une coordination efficace entre l’administration centrale et les structures locales.
Opérationnalisation
Le regroupement ne se limite pas à un échange institutionnel. Les autorités territoriales sont appelées à s’engager concrètement sur plusieurs volets : surveillance rigoureuse des services d’état civil, préparation des acteurs locaux et des sites d’intervention pour les opérations d’enrôlement biométrique, mise en œuvre de plans de travail assortis d’outils de suivi et d’évaluation au niveau des districts, ainsi que pilotage du mécanisme de collecte et de traitement des données d’identité.
Les participants reçoivent également des informations détaillées sur les chantiers en cours, notamment le Registre social unique (RSU), la plateforme e-Fokontany, l’enrôlement biométrique et la numérisation des actes d’état civil. L’atelier doit favoriser le partage de bonnes pratiques et la formulation de recommandations face aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Au-delà de l’aspect technique, le gouvernement entend faire de cette réforme un projet fédérateur, inscrit dans une dynamique citoyenne et soutenu par les partenaires internationaux. En mettant les représentants de l’État en première ligne, l’exécutif parie sur une administration territoriale plus structurée pour réussir la transformation du système d’identification à Madagascar.
Ravo Andriantsalama





