Madagascar s’engage dans une nouvelle ère de gestion de ses ressources hydriques. Une convention de partenariat a été signée ce jour à Ambohijatovo entre le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène et la Fondation Gachet. L’accord porte sur la réalisation d’une cartographie numérique des eaux souterraines couvrant l’ensemble du territoire national.
Portée par l’expert international Alain Gachet, président de la Fondation Gachet, cette initiative vise à localiser avec précision les zones où l’eau souterraine est accessible, notamment jusqu’à 60 mètres de profondeur. Une première carte, encore en basse résolution, a déjà été produite à titre indicatif, notamment pour la région du Sambirano, dans le nord de Madagascar.
Mais l’enjeu principal réside dans la prochaine étape du projet : la production, d’ici quelques mois, d’une carte à haute définition, avec une résolution de 10 mètres par pixel, couvrant tout Madagascar. Cette base de données sera ensuite intégrée dans une application mobile destinée à guider les opérations de forage.
Selon Alain Gachet, cette application permettra aux utilisateurs autorisés, services de l’État, ONGs, agriculteurs et professionnels du forage, d’identifier avec exactitude les points où creuser, réduisant ainsi les échecs, les coûts et les pertes de temps. Les données seront centralisées et contrôlées par le gouvernement malgache.
Impact technologique
Dans le Grand Sud, où les ressources superficielles sont limitées, la technologie permettra également d’orienter les recherches vers des nappes profondes, situées entre 100 et 300 mètres, principalement destinées aux grands projets agricoles, industriels ou miniers, après des études hydrogéologiques complémentaires.
Lors de la cérémonie de signature, la ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, Elia Razafindrianiaina a salué une initiative « stratégique et porteuse d’espoir » pour le pays. Elle a tenu à remercier les partenaires techniques et financiers pour leur engagement en faveur de l’amélioration durable de l’accès à l’eau potable. A noter que la carte à haute définition ne sera pas figée et changera au fur et à mesure du climat et de la géographie.
Avec un taux de réussite annoncé de 98 % sur plus de 2 700 forages réalisés dans le monde depuis 2004, la Fondation Gachet se veut confiante quant à l’impact de cette technologie à Madagascar. La première carte haute résolution est attendue dans les mois à venir, tandis que l’application sera prête dans environ un an, ouvrant la voie à une planification plus efficace et plus équitable de l’exploitation des ressources en eau du pays.
Ravo Andriantsalama





