Madagascar et l’Union européenne (UE) sont à la veille de franchir une nouvelle étape majeure dans leurs relations commerciales. L’accord de partenariat économique (APE), en vigueur depuis 2012, arrive à son terme de renégociation et devrait être signé dans les prochaines semaines sous sa forme « élargie ». Services, investissements et propriété intellectuelle viendront désormais s’ajouter aux échanges de biens, avec à la clé un accès toujours garanti, sans droits de douane ni quotas, au marché européen.
Réunis ce matin lors d’un petit déjeuner de presse à l’immeuble Zital Ankorondrano, les journalistes ont pu recueillir les précisions de Rolland Kobia, ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar. Selon lui, « le dernier round de négociations a eu lieu il y a quelques semaines et nous sommes véritablement à la fin du processus ». Une conclusion attendue après plusieurs années de discussions techniques et seize rounds de négociations impliquant Madagascar et les autres pays signataires de l’accord régional.
L’accord de partenariat économique actuel a déjà produit des résultats jugés « très tangibles » par la partie européenne. L’Union européenne est devenue le premier partenaire commercial de Madagascar et la première destination des exportations malgaches, avec environ 30 à 32 % des ventes extérieures orientées vers ce marché. « C’est un accord qui a bien fonctionné », souligne le diplomate, rappelant son caractère asymétrique, volontairement plus favorable à Madagascar afin d’accompagner son développement.
Un accord plus large, toujours sans droits de douane
La principale nouveauté réside dans l’élargissement du champ de l’accord. Jusqu’ici centré sur les biens, l’APE intégrera désormais les services, les investissements, la propriété intellectuelle et plusieurs autres domaines connexes. « C’est en quelque sorte un accord de libre-échange asymétrique », explique Rolland Kobia, permettant à Madagascar d’accéder à un marché de près de 450 millions d’habitants, parmi les plus prospères au monde.
Les fondamentaux, eux, demeurent inchangés : zéro droit de douane sur les exportations malgaches vers l’Union européenne et aucune restriction quantitative. « Pas de quotas, pas de revirement possible », insiste l’ambassadeur, évoquant le caractère juridique et contraignant de l’accord international.
Parallèlement, de nouvelles mesures d’accompagnement sont prévues pour aider les entreprises malgaches à se conformer aux normes européennes. Loin d’être de simples contraintes, ces standards sont présentés comme des opportunités. Une entreprise aux normes européennes peut en effet exporter partout dans le monde, y compris dans des pays voisins comme Maurice ou les Seychelles, qui appliquent déjà ces référentiels.
Madagascar a, par ailleurs, été salué pour son rôle actif dans les négociations régionales. « Le pays a fait preuve d’un grand dynamisme pour aboutir à un accord couronné de succès », a reconnu le représentant de l’UE. Sur le plan politique et institutionnel, l’APE élargie inclut, comme tous les accords internationaux de l’Union européenne, des dispositions relatives à la protection des droits de l’homme, à la bonne gouvernance, à la lutte contre la corruption et à l’amélioration du climat des affaires. Des paramètres considérés comme nécessaires pour garantir l’efficacité et la durabilité des échanges.
Après le paraphe attendu dans les semaines à venir par les cinq pays partenaires et l’Union européenne, l’accord devrait entrer en vigueur dans les mois suivants, une fois les procédures de ratification achevées. Une perspective qui renforce la prévisibilité et la stabilité tant recherchées par les opérateurs économiques. Pour Madagascar, l’enjeu est clair : consolider sa place sur le marché européen et élargir encore ses débouchés, dans un contexte où les exportations vers l’UE dominent déjà largement celles vers les autres partenaires commerciaux.
Ravo Andriantsalama





