En pleine période de refondation à Madagascar, le Cercle de Réflexion des Économistes de Madagascar (CREM) tire la sonnette d’alarme. Pour ces économistes, la trajectoire actuelle de la refondation manque de lisibilité et d’orientations économiques claires, au détriment de l’amélioration des conditions de vie de la population.
Le CREM plaide pour une clarification rapide des choix économiques de l’État. La résolution des problèmes structurels, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’eau, figure parmi les priorités avancées par ce cercle de réflexion. À cela s’ajoutent la nécessité d’une meilleure mobilisation des ressources financières et naturelles du pays, tout en plaçant la souveraineté nationale au cœur des politiques publiques.
En tant qu’économistes, les membres du CREM proposent également la mise en place d’une banque de développement adaptée aux réalités malgaches, capable de soutenir efficacement la production nationale. Une telle institution permettrait, selon eux, de renforcer les capacités de financement des acteurs économiques locaux.
Mécanismes incitatifs
Pour le Professeur Rakoto Davida Olivaniaina, président du conseil d’administration du CREM, le développement passe avant tout par des mécanismes incitatifs. « Le CREM plaide pour la mise en place de dispositifs favorables à l’investissement, loin de toute politique dissuasive, notamment à travers des stratégies de financement bancaire orientées vers le secteur productif national. Ce sont des conditions essentielles pour un développement durable et souverain », souligne-t-il. Il insiste également sur la nécessité d’établir des règles claires en matière de concurrence et de transparence, ainsi qu’une séparation nette entre le pouvoir économique et les décisions de l’État.
Enfin, ces économistes estiment que la dépendance excessive vis-à -vis des partenaires financiers traditionnels ne constitue plus une solution viable à long terme. Les ressources dont dispose Madagascar, affirment-ils, doivent être pleinement mobilisées et mises au service du développement national.
Ravo Andriantsalama





