De mal en pis. Tel est l’état des rues de la capitale malgache. Entre la saison des pluies, les incivilités des citoyens et les responsabilités partagées de la commune et d’autres entités censées assurer l’entretien, la situation ne cesse de se dégrader. Interrogée hier sur la question, la maire de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), Harilala Ramanantsoa, a pointé du doigt la JIRAMA.
D’énormes nids-de-poule en plein milieu des chaussées et de nombreux points noirs disséminés dans la plupart des quartiers de la capitale : telle est la triste réalité vécue au quotidien par les automobilistes, les motocyclistes et même les piétons circulant dans les rues d’Antananarivo. L’arrivée de l’été, accompagnée des pluies, ne facilite guère la tâche de la CUA ni celle des autres entités impliquées dans la réfection des voiries de la Ville des Mille.
Hier, Harilala Ramanantsoa a apporté quelques éléments de réponse. Elle a d’abord souligné que, outre les eaux naturelles issues des pluies, les travaux souterrains réalisés par la compagnie nationale d’eau et d’électricité, la JIRAMA, contribuent largement à la dégradation des rues. « Il y a beaucoup de nids-de-poule causés par les travaux menés par la JIRAMA. Ce sont réellement des trous faits par la main de l’homme. Or, selon la convention liant la commune et la JIRAMA, les travaux de réfection incombent à cette dernière », a expliqué la maire.
Effet domino
Harilala Ramanantsoa a également insisté sur la propagation volontaire des eaux sur la voie publique. Elle cite notamment les lavages effectués en bordure des artères de la capitale. La patronne de Madavision reconnaît toutefois que la Commune reste responsable et qu’elle tente, tant bien que mal, d’assurer les travaux de réfection malgré un budget limité.
Du côté des usagers, la grogne ne cesse de monter. Un chauffeur de bus reliant Antananarivo à Mahitsy se plaint notamment de l’état de la chaussée du côté de « Vatobe », au 67 Ha. Selon lui, alors qu’il pouvait auparavant effectuer deux à trois allers-retours par jour, il n’en fait plus désormais qu’un seul, en raison de cet important point noir situé à Vatobe. Ce vaste trou provoquerait également de fréquentes défaillances mécaniques sur son véhicule, affirme-t-il.
Au vu des déclarations de Harilala Ramanantsoa concernant l’insuffisance du budget communal, de la responsabilité qui devrait être assumée par la JIRAMA, et d’une saison des pluies actuellement à son apogée, il est peu probable que des travaux de réhabilitation d’envergure des rues de la capitale soient engagés dans l’immédiat. Au-delà des dégâts matériels causés par la dégradation de ces véritables vaisseaux sanguins d’Antananarivo, les usagers en subissent également de lourdes conséquences, notamment à travers les embouteillages monstres engendrés par l’état des routes.
Ravo Andriantsalama





