Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Thierry Rakotonarivo a été catégorique : aucun calendrier électoral ne sera établi avant la tenue de la concertation nationale. Il s’est exprimé hier dans une vidéo publiée sur la page officielle de l’organe.
Pas encore à l’ordre du jour. Bien que le Parlement bicaméral soit privé de sa Chambre haute depuis le mois dernier, l’établissement d’un calendrier pour les prochaines élections sénatoriales ne figure pas, pour l’instant, parmi les priorités de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Dans une vidéo diffusée hier sur la page de la commission, son président, Thierry Rakotonarivo, a indiqué qu’en l’état actuel, la CENI ne prévoit pas d’émettre un calendrier électoral.
Il estime qu’il est plus judicieux d’attendre la tenue des prochaines concertations nationales, prévues au cours des six premiers mois de la refondation. « Il serait prématuré d’arrêter un calendrier définitif sans tenir compte des conclusions issues des concertations nationales. Dans ce contexte, la CENI n’envisage pas encore de proposer un calendrier pour les élections sénatoriales, jugeant nécessaire d’attendre les suggestions et les attentes exprimées par la population malgache lors de ces concertations », a déclaré le président de la commission électorale.
Au regard des événements récents survenus dans le pays, l’attente des concertations nationales n’est toutefois pas la seule raison de cette retenue de la CENI. Le report des sénatoriales reposes également sur une impossibilité technique et financière d’organiser le scrutin dans les délais impartis. La CENI a déjà fait état d’un manque de crédits budgétaires alloués à l’organisation du vote, rendant impossible l’impression des bulletins ainsi que la mise en place de la logistique complexe liée à ce suffrage indirect.
PTF
Par ailleurs, un blocage juridique majeur est venu renforcer cette décision : l’échec, en 2025, d’une réforme législative à l’Assemblée nationale visant à clarifier la composition du collège électoral. En l’absence de la mise en place des élus régionaux et provinciaux, et face au refus des députés de limiter le collège électoral aux seuls maires et conseillers communaux, la base électorale est demeurée juridiquement incomplète. Cette situation a conduit la Haute Cour constitutionnelle (HCC) à constater un cas de force majeure afin d’éviter la tenue d’un scrutin potentiellement contestable.
S’agissant de cette impossibilité technique et financière, le président de la CENI a reçu hier, au siège de l’institution à Alarobia, une délégation de partenaires de l’organe. Cette rencontre avait pour objectif de faire le point sur les préparatifs du référendum ainsi que sur les prochaines échéances électorales. À l’issue des échanges, les partenaires ont exprimé leur entière disponibilité à accompagner la CENI. « Ils ont tenu à réaffirmer leur disponibilité à soutenir la CENI, tant sur les plans financier et technique que par le partage d’expériences. Cette démarche traduit leur confiance envers l’État malgache et leur volonté de collaborer étroitement avec la CENI dans la préparation des prochaines élections », a expliqué Thierry Rakotonarivo.
Ravo Andriantsalama





