Alors que les rumeurs de remaniement gouvernemental se multiplient, le président de la refondation de la République de Madagascar, le colonel Michael Randrianirina, temporise. L’évaluation des membres de l’exécutif est toujours en cours et aucune décision n’est attendue dans l’immédiat.
Pas pour l’instant. Telle est la position du président de la refondation de la République de Madagascar, le colonel Michael Randrianirina, concernant un éventuel remaniement du gouvernement dirigé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. Le locataire de Mahazoarivo ainsi que l’ensemble de ses collègues ministres peuvent donc, pour l’heure, conserver leurs portefeuilles. Aucun changement au sein des départements ministériels n’est prévu dans les prochains jours.
Le chef de l’État indique que le pays se trouve encore dans une phase d’évaluation des membres de l’exécutif. À sa sortie de la salle de conférence du CCI Ivato, hier, le colonel Michael Randrianirina a précisé que cette évaluation se poursuit, tout comme la réflexion autour d’un éventuel réaménagement de l’équipe gouvernementale. « Nous sommes encore dans une phase d’évaluation et les résultats seront connus ultérieurement », a-t-il déclaré.
La priorité actuelle des dirigeants reste toutefois la gestion de la menace cyclonique, avec l’arrivée annoncée du cyclone Gezani dans la région d’Atsinanana. Selon le président de la refondation, « nous faisons face à un cyclone et ma priorité va aux populations de Toamasina, qui seront les premières touchées. Je ne prête aucune attention aux débats qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook ». Une déclaration par laquelle il affirme se désintéresser des polémiques en ligne pour se concentrer sur l’essentiel : être au chevet des populations menacées par des catastrophes naturelles.
Deux mois
Quatre mois après la mise en place de la refondation et malgré la promesse d’une évaluation, voire d’un changement de certains membres du gouvernement dans les deux mois suivant sa formation, rien n’a évolué. Le Premier ministre et son équipe sont toujours en place et continuent d’assurer leurs fonctions et responsabilités. Les critiques se multiplient cependant à l’encontre de certains ministres, et même du chef du gouvernement.
Ce dernier est accusé par une partie de l’opinion publique d’être l’un des proches de l’ancien président Andry Rajoelina, ce qui aurait facilité son accession à la primature. Sur ce point, Michael Randrianirina apporte un début de réponse. Il affirme que « dans quelque temps, vous verrez. Nous examinons de près ce dossier [les proches de Rajoelina nommés à des postes clés] et les résultats seront bientôt connus ».
Du côté des ministres, certains essuient également de vives critiques sur les réseaux sociaux. Le ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa, figure parmi les plus ciblés, notamment après des déclarations jugées de plus en plus fracassantes et des sorties médiatiques très commentées. Une chose est sûre : il devrait, au minimum, conserver son bureau à Anosy jusqu’à la fin de l’évaluation en cours. Des interrogations persistent toutefois : qui mène cette évaluation et sur quelles bases repose-t-elle ?
Ravo Andriantsalama







