Quelques jours seulement après le passage du cyclone Gezani, qui a ravagé la majeure partie de Toamasina, un élan de solidarité se manifeste pour venir en aide aux familles des victimes ainsi qu’aux sinistrés. Les aides affluent de partout, qu’elles proviennent de l’État, des compatriotes ou des partenaires internationaux du pays.
C’est une première ou presque dans l’histoire du pays qu’après le passage d’une catastrophe naturelle, l’État appelle directement les citoyens à l’entraide. La situation est d’autant plus historique qu’en l’espace de quelques jours, deux cyclones ont frappé la Grande Île, faisant une quarantaine de morts et des milliers de sinistrés. Plus étonnant encore, l’appel a été entendu : un véritable élan de solidarité nationale s’est créé autour de l’Atsinanana, région la plus touchée. Depuis l’arrivée de Gezani, le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina, son épouse ainsi qu’une équipe gouvernementale sont restés au chevet des sinistrés. Pas plus tard que ce matin, ils se sont rendus sur place pour soutenir les familles au niveau de leurs habitations.
Associations, collectivités territoriales, groupes de jeunes et même opérateurs téléphoniques se sont mobilisés pour soulager la population touchée. Les trois opérateurs présents à Madagascar ont ainsi ouvert un compte spécial Mobile Money afin de permettre à chacun de participer à l’élan de solidarité, même à distance de Toamasina. D’autres initiatives, comme celle de la GenZ Ankatso, annoncent également une aide indépendante pour soutenir les victimes.
Par ailleurs, l’État a sollicité l’appui des partenaires techniques et financiers, qui ont répondu favorablement. Le Système des Nations Unies a débloqué une enveloppe de 5 millions USD via le Fonds des Nations Unies pour les réponses aux urgences (CERF). Cette allocation comprend 2 millions USD pour une réponse multisectorielle de trois mois en faveur de 30 000 personnes dans les districts les plus touchés de la région de Boeny après le cyclone Fytia, et 3 millions USD consacrés aux actions anticipatoires avant l’atterrissage du cyclone Gezani à Toamasina.
Coordination
Déployées depuis le 10 février, ces interventions devraient bénéficier à environ 93 000 personnes. Les six agences onusiennes concernées, sous la coordination du Coordonnateur résident et en collaboration avec le gouvernement malgache et le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), assurent la priorisation et la coordination des actions engagées.
Les autorités locales ont également pris part à l’entraide. La commune urbaine d’Antananarivo (CUA) dirigé par la maire Harilala Ramanantsoa a organisée hier sur le parvis de l’hôtel de ville Analakely une appelle à la solidarité pour la population de Toamasina. Des produits de premières nécessités ont donc été envoyés pour encore une fois amoindrir la douleur des sinistrés ainsi que des familles des victimes de la catastrophe.
Depuis le début de la crise jusqu’à présent, le colonel Michael Randrianirina et son équipe demeurent à Toamasina afin de piloter sur le terrain les actions à entreprendre pour la réhabilitation de la ville et accompagner la population locale dans la reconstruction de leurs vies. Les autres membres de l’exécutif, quant à eux, s’occupent de la situation dans la capitale, également fortement touchée par le cyclone Gezani. Dans ce cadre, la ministre d’État chargée de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa, a été victime d’un accident de la route, hier, alors qu’elle se rendait à Ambatondrazaka. Elle est actuellement hospitalisée à Antananarivo et aucune information officielle sur son état de santé n’est, pour l’heure, disponible.
Ravo Andriantsalama







