Réuni à Antanimora, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) a tenu à clarifier la situation autour des aides annoncées après le passage du cyclone. Entre exigences légales, procédures budgétaires et attentes pressantes des sinistrés, les responsables appellent à la patience et à une meilleure coordination des élans de solidarité.
L’élan de générosité est bien réel. Donateurs locaux, partenaires techniques et financiers, pays amis de Madagascar : tous ont manifesté leur volonté d’accompagner la Grande île dans la phase post-cyclonique. Harentsoa Andry Razafindrakoto, Directeur du Patrimoine et de l’Administration au sein du BNGRC, a salué ces initiatives tout en rappelant une réalité moins visible : avant tout décaissement, des étapes strictes doivent être respectées.
Les fonds annoncés doivent suivre les procédures prévues par la loi sur les finances publiques. Ils doivent être intégrés au budget de l’État et inscrits sur le compte du BNGRC. À ce jour, aucun montant n’a encore été crédité sur ce compte. « Nous ne distribuons pas d’argent, mais des aides », a-t-il martelé, précisant qu’une plateforme de suivi a été mise en place pour garantir la traçabilité et la transparence des dons, qu’ils soient financiers ou matériels.
Transparence affichée, frustrations persistantes
Face aux interrogations sur le volume des ressources déjà mobilisées, les responsables restent prudents. Des besoins ont été évoqués lors d’une rencontre avec le secteur privé, mais les procédures étant toujours en cours, aucun pourcentage précis ne peut être avancé. Le BNGRC insiste : son rôle se limite à la distribution des aides, non à la gestion budgétaire globale, qui relève d’autres instances de contrôle.
John Heriniandry Razafimandimby, Directeur général adjoint du bureau, a également tenu à répondre aux plaintes émanant notamment de Toamasina, où des habitants affirment ne pas voir la couleur des aides promises. Selon lui, « les fonds, lorsqu’ils sont disponibles, ne sont pas répartis individuellement. Ils sont souvent affectés à des projets spécifiques. De plus, plusieurs partenaires privilégient les dons en nature, produits de première nécessité, équipements divers, dont seule la valeur monétaire est communiquée. Une réalité qui peut entretenir la confusion. »
Sur la question du « sinistre national », les responsables estiment que le pays demeure de facto en situation d’urgence, sans qu’il soit nécessaire de multiplier les déclarations formelles. L’heure est avant tout à la coordination. Toute initiative d’aide est invitée à se signaler auprès du BNGRC afin d’éviter les doublons et d’assurer une répartition équitable. « Il ne s’agit pas de freiner la solidarité, mais de l’organiser », ont-ils conclu, dans un contexte où l’exigence de transparence se heurte à l’impatience légitime des sinistrés.
Ravo Andriantsalama







