Un mois après la reprise en main de la société par des dirigeants malgaches, la compagnie nationale d’eau et d’électricité révèle l’ampleur de ses difficultés financières et techniques. Endettement record, réseaux vétustes, retards de raccordement et dégâts liés au cyclone : la direction par intérim promet un redressement en profondeur.
Un mois après la reprise en main de la société par des dirigeants malgaches, la JIRAMA affiche une situation financière préoccupante. Son directeur général par intérim, le général Hajatiana Rasolomanana, annonce une dette cumulée de 2 000 milliards d’ariary et promet un redressement en profondeur de l’entreprise publique.
Face à cet endettement massif, la direction affirme avoir engagé un réexamen de toutes les prestations susceptibles d’aggraver la situation financière. Des dysfonctionnements dans l’exécution des services ont également été relevés. À l’échelle nationale, plus de 13 000 demandes de raccordement à l’électricité et à l’eau restent en attente, illustrant les difficultés structurelles auxquelles l’entreprise est confrontée.
Des réseaux vétustes à l’origine des coupures
Alors que les coupures d’électricité se multiplient de nouveau dans plusieurs régions, notamment dans la capitale, le directeur général par intérim se veut rassurant sur la capacité de production. « À l’heure actuelle, nous disposons d’une production d’électricité suffisante », affirme-t-il. Le problème se situerait plutôt au niveau des réseaux de distribution, jugés vétustes et largement dépassés. Leur état entraînerait des interruptions fréquentes, indépendamment du niveau de production.
Pour remédier aux délestages persistants, la JIRAMA mise sur le déploiement de nouveaux groupes électrogènes. Au total, 116 unités ont été commandées, dont 19 sont déjà arrivées dans le pays. Les équipements destinés à Ampanihy, Tanambao Manampotsy et Ambato Boeny sont d’ores et déjà installés. L’objectif affiché est une livraison complète des 116 groupes d’ici fin mai 2026, avant leur installation définitive durant la saison sèche.
La situation reste particulièrement critique dans la province de Toamasina, durement touchée par le Cyclone Gezani. Près de 90 % des infrastructures locales de la JIRAMA auraient été endommagées. Une semaine après le passage du cyclone, seuls 4 mégawatts sur les 25 nécessaires ont pu être rétablis, laissant entrevoir l’ampleur des travaux de reconstruction à engager.
Ravo Andriantsalama






