Face à une surpopulation devenue critique à la maison centrale d’Antanimora, l’administration pénitentiaire a engagé un transfert massif de détenues vers la prison de Manjakandriana. Plus de 80 femmes condamnées ont déjà été déplacées. Une première vague qui en appelle d’autres.
Il fallait désengorger Antanimora. Le constat n’est pas nouveau, mais l’action, elle, est désormais enclenchée. Samedi dernier, plus de 80 femmes détenues ont quitté la maison centrale d’Antananarivo pour rejoindre l’établissement pénitentiaire de Manjakandriana, récemment dédié aux femmes. Une opération présentée comme la première étape d’un processus plus large.
Le directeur général de l’administration pénitentiaire, Herinirina Roger Rasamoelina, parle d’un « transfert d’envergure ». Après l’ouverture officielle de la prison de Manjakandriana le mois dernier, la décision a été prise d’y envoyer des détenues incarcérées à Antanimora. « Plus de 80 détenues composent cette première vague », précise-t-il, ajoutant que toutes ont déjà été jugées et condamnées. Une commission a été chargée de sélectionner les profils concernés.
Surpopulation                                         Â
À Antanimora, la situation était devenue intenable. Honoré Randriambololomanana, directeur de la sécurité pénitentiaire, ne mâche pas ses mots : la prison est « totalement saturée ». Plus d’espace disponible, des conditions de détention sous tension et des droits humains mis à mal par la promiscuité. « Nous sommes dépassés par le nombre de détenus », reconnaît-il.
Le transfert vers Manjakandriana vise ainsi à rétablir un minimum d’équilibre dans la gestion carcérale. Mais les responsables préviennent : ce n’est qu’un début. Une nouvelle commission sera prochainement mise en place pour organiser une deuxième vague. L’allègement d’Antanimora reste donc relatif. La réforme en profondeur du système pénitentiaire, elle, demeure un chantier ouvert.
Ravo Andriantsalama







