Après l’Est, place à l’Ouest. Quelques jours seulement après sa première visite officielle d’État en Russie, le président de la Refondation de la République de Madagascar, Michael Randrianirina, est déjà en route pour la France afin de rencontrer son homologue français, Emmanuel Macron. À travers ces deux déplacements vers des puissances symboliquement opposées, les dirigeants malgaches assument pleinement leur diplomatie dite « tous azimuts ».
À peine revenu du Kremlin, le chef de l’État met le cap sur l’Élysée. Cette séquence marque un tournant dans la diplomatie malgache. Pour la première fois depuis plusieurs années, un président malgache choisit d’effectuer une visite en Russie avant de se rendre en Occident. Hier soir, l’avion transportant le colonel Michael Randrianirina, son épouse et la délégation malgache a atterri à l’aéroport du Bourget, à Paris. « Madagascar est totalement ouvert à toutes les nations du monde dès lors que cela peut apporter des bénéfices au peuple malgache », a déclaré le président de la Refondation lors de son départ de l’aéroport d’Ivato.
Au moment de quitter le territoire, le président de la refondation a tenu à préciser que cette visite en France n’a aucun lien avec le voyage effectué précédemment en Russie. « Les deux pays nous ont invités et nous ne faisons que répondre à ces invitations. Les deux déplacements n’ont aucun rapport », a-t-il insisté. Il a également souligné que l’accueil et l’hospitalité font partie intégrante de la culture et de l’identité malgaches, et que la nation continuera à faire vivre ces valeurs.
Conflits d’intérêts
En Russie, les discussions ont porté sur la coopération multisectorielle et la redynamisation d’un partenariat bilatéral vieux de plus de cinquante ans. Les contours de l’entretien entre Emmanuel Macron et Michael Randrianirina restent, quant à eux, à préciser. Une certitude toutefois : l’Occident, à travers la France, cherchera à préserver son influence traditionnelle sur la Grande Île. En toile de fond, les relations tendues entre la Russie et l’Europe pourraient peser sur la rencontre.
Le défi, pour le colonel Randrianirina et les autorités malgaches, sera de convaincre l’ensemble des partenaires d’accepter cette diplomatie « tous azimuts » et d’envisager une coexistence d’intérêts sur le sol malgache. L’enjeu se situera notamment autour des ressources naturelles stratégiques. Pour rappel, les deux chefs d’État malgache et français doivent se rencontrer aujourd’hui au palais de l’Élysée. Il s’agit de la première visite officielle du locataire d’Iavoloha dans l’Hexagone depuis son accession au pouvoir au printemps dernier.
Ravo Andriantsalama








