La date butoir imposée par la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et l’Union africaine pour la présentation de la feuille de route du régime de transition expire ce samedi 28 février. Le pouvoir assure de son coté, que le document est en préparation, sur le terrain, l’impatience et les critiques se multiplient face à l’absence de concertation.
À quelques jours de l’échéance, le flou persiste. Selon les déclarations du Colonel Michael Randrianirina sur une chaîne de télévision russe, un comité spécial a été mis en place pour élaborer la feuille de route censée baliser l’avenir politique du pays après la prise de pouvoir militaire. Le document doit être remis aux instances régionales et continentales au plus tard ce 28 février, afin, selon ses mots, de « dissiper le moindre doute » sur la volonté du régime de clarifier le processus de transition.
En coulisses pourtant, des sources concordantes évoquent un texte encore inachevé, miné par de profondes divergences au sein même de l’exécutif. Les arbitrages tarderaient à être rendus sur la durée de la transition, la composition des organes à mettre en place et le calendrier électoral.
Participation
Sur le terrain, la contestation s’organise. Les 300 organisations de la société civile signataires d’un appel pour une transition claire affirment n’avoir jamais été consultées sur le contenu de cette feuille de route. Les partis politiques, toutes tendances confondues, déplorent également l’absence de concertation officielle.
Du côté des jeunes mobilisés lors du mouvement du 25 septembre, le ton se durcit. Ebenegera, l’une des figures de cette mobilisation, rappelle que « c’est la lutte populaire qui a porté les actuels dirigeants au pouvoir » et réclame une véritable participation citoyenne aux décisions nationales. Pour ces acteurs, la légitimité de la transition passe d’abord par la transparence et l’inclusion.
À la veille de l’échéance fixée par la SADC et l’Union africaine, une question demeure : le document sera-t-il prêt à temps, et surtout, sera-t-il à la hauteur des attentes d’une population en quête de clarté et de stabilité ?
Hasina Andriamalala et Ravo Andriantsalama








