Continuité de la politique publique ou rupture avec les pratiques de l’ancien régime ? Les dirigeants de la refondation officialisent un nouveau partenariat autour de techniques de culture du riz importées du Japon, baptisées FIVARY et VARIALA. Deux autres méthodes sont pourtant déjà présentes sur le marché, à savoir le PFUMVUZA d’origine africaine et le riz hybride chinois. Au-delà de la diplomatie, Madagascar semble désormais s’engager dans une riziculture tous azimuts.
Lors d’une réunion tenue ce matin dans les bureaux du Groupe Banque mondiale à Anosy, le secrétaire général du ministère en charge de l’Agriculture, Lambotiana Fabien Randriambololona, a annoncé cette nouvelle coopération avec les partenaires nippons. Ces techniques culturales, venues du pays du Soleil-Levant, visent à accroître la production locale de riz, denrée alimentaire essentielle pour les Malgaches. De quoi s’interroger : les deux méthodes précédemment introduites seraient-elles inadaptées aux terres malgaches ou simplement moins en phase avec l’actuelle politique agricole ?
Des explications ont toutefois été apportées par le secrétaire général. Selon lui, « la continuité de l’État doit être assurée. Il ne s’agit pas d’effacer tout ce qui a été fait auparavant, mais d’évaluer ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas marché. Le riz hybride, par exemple, a connu des insuffisances, mais celles-ci peuvent être corrigées et nous sommes déjà en train d’y travailler au sein du ministère dans le cadre de notre stratégie. »
Production
Parallèlement, il souligne que les difficultés ne se limitent pas au choix des techniques culturales. La question des procédures constitue également un obstacle majeur. « Beaucoup d’éléments doivent être renforcés, notamment la gestion des projets, car les bénéfices n’atteignent pas toujours la base, c’est-à -dire les véritables bénéficiaires, en raison de procédures trop longues », avance le secrétaire général.
Les nouvelles techniques japonaises présentées lors de l’atelier organisé par le ministère de l’Agriculture reposent notamment sur les approches FIVARY et VARIALA. Ces deux méthodes visent à améliorer la production rizicole tout en réduisant les coûts supportés par les agriculteurs. Face au prix élevé des intrants agricoles, les experts japonais proposent une fertilisation plus ciblée, privilégiant l’utilisation du phosphore sans recourir systématiquement au NPK, afin d’adapter les apports aux besoins réels des sols. Ces techniques prennent également en compte les contraintes climatiques et les spécificités des terres cultivées, tout en mettant l’accent sur le renforcement des compétences techniques des producteurs, condition essentielle pour garantir l’efficacité et la durabilité de ces innovations sur le terrain.
Ravo Andriantsalama








