À l’occasion de la célébration du 35ᵉ anniversaire du Madagascar National Parks (MNP), organisée ce 27 février 2026 à son siège à Ambatobe, les responsables du secteur environnemental ont mis en avant le rôle stratégique des aires protégées dans la conservation de la biodiversité et le développement socio-économique du pays. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Manesimanana Michael Rafanomezantsoa, a répondu aux questions sur les enjeux actuels et futurs des parcs nationaux.
Studio Sifaka (SS)Â : Pourquoi le Madagascar National Parks est-il important pour Madagascar ?
Ministre de l’Environnement et du Développement durable, Manesimanana Michael Rafanomezantsoa (MMR) : Le MNP constitue une maille stratégique essentielle pour assurer la protection durable de l’environnement à Madagascar. Sans ces aires protégées, la situation environnementale du pays serait aujourd’hui très différente. L’objectif est non seulement de préserver les acquis, mais aussi d’étendre le réseau, car de nombreuses régions du pays possèdent encore une richesse écologique exceptionnelle.
Actuellement, 49 parcs nationaux sont gérés par le MNP. Après 35 années d’existence, la maturité du système de gestion est visible : les mécanismes de gouvernance sont désormais bien cadrés dans l’ensemble des parcs. Les résultats obtenus n’ont rien à envier à ceux observés à l’international. Toutefois, ces structures ont besoin d’un soutien accru, et il est du devoir de l’État d’accompagner leurs actions de conservation.
SS : Les parcs nationaux subissent encore des pressions. Quelle stratégie pour y faire face ?
MMR : Dans le contexte actuel de la refondation, certaines pressions persistent, notamment liées aux petites exploitations minières. La réponse repose sur le rétablissement de l’autorité de l’État afin de faire respecter la légalité, avec une politique de tolérance zéro face aux atteintes aux ressources naturelles.
La coopération avec les partenaires techniques et financiers est également renforcée. Un plan de protection de la biodiversité, adopté par l’Exécutif, couvrira les six prochaines années avec un financement important impliquant tous les gestionnaires d’aires protégées. Par ailleurs, le processus d’attribution d’un statut permanent aux parcs nationaux se poursuit.
SS : Comment protéger durablement les aires protégées et quels sont les principaux défis ?
MMR : L’environnement est une question transversale. Tant que Madagascar restera confronté à la pauvreté, les populations dépendront fortement des ressources naturelles. Il est donc indispensable d’accompagner les communautés locales en développant des filières économiques alternatives afin de réduire cette pression.
La lutte contre les trafics illicites doit être aussi renforcée. La pauvreté demeure la principale cause des atteintes à l’environnement, d’où la nécessité d’une approche globale combinant protection écologique et développement social.
SS : Quel dispositif pour prévenir les exploitations illégales et illicites ?
MMR : Le MNP gère aujourd’hui 49 parcs nationaux. Un centre opérationnel dédié à la surveillance et à la gestion des pressions, notamment les trafics illicites, vient d’être inauguré. Cet outil permettra d’anticiper et de prévenir plus efficacement les menaces pesant sur les aires protégées.
À travers cette célébration du 35ᵉ anniversaire, les autorités réaffirment ainsi la place centrale du Madagascar National Parks dans la préservation du patrimoine naturel malgache et dans la construction d’un développement durable conciliant conservation et amélioration des conditions de vie des populations.
Propos recueillis par Ravo Andriantsalama








