La qualité de l’éducation recule à Madagascar. Selon les résultats de la septième Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS), publiés cette semaine par l’UNICEF, le taux d’achèvement du cycle primaire a diminué. En sept ans, la proportion d’élèves qui terminent l’école primaire est passée de 56 % à 47 %.
Les chiffres sont préoccupants. En 2018, sur 100 enfants malgaches scolarisés, 56 terminaient le cycle primaire. En 2025, ils ne sont plus que 47. Soit une baisse de neuf points en l’espace de quelques années. Cette régression traduit plusieurs difficultés qui persistent dans le système éducatif. Sur le plan pédagogique d’abord, les écoles manquent encore de matériels essentiels. Les manuels scolaires et les supports d’apprentissage restent insuffisants dans de nombreux établissements. Le niveau de compétence de certains enseignants constitue également un défi.
Les infrastructures scolaires représentent un autre problème majeur. Dans plusieurs localités, des écoles ont été endommagées par les cyclones ou restent en nombre insuffisant pour accueillir les élèves. Ces situations perturbent la continuité des cours et dégradent les conditions d’apprentissage. Face à ces constats, le ministère de l’Éducation nationale évoque plusieurs pistes d’amélioration. Parmi elles figurent le renforcement de la formation des enseignants, le recrutement de personnels qualifiés et l’amélioration progressive des équipements pédagogiques.
Le directeur de l’éducation non formelle au ministère de l’Éducation nationale, Mamba Serge Dieu Donné, souligne toutefois que les effets de ces réformes ne peuvent pas être immédiats. Selon lui, les actions engagées actuellement nécessitent plusieurs années avant de produire des résultats visibles. Au-delà de l’éducation, l’enquête MICS met en lumière une situation plus large concernant les enfants à Madagascar. Plusieurs indicateurs liés à la nutrition, à la santé et au bien-être stagnent ou connaissent un recul par rapport aux précédentes enquêtes.
Un signal d’alerte pour les autorités et les partenaires, alors que les défis restent importants pour améliorer durablement les conditions de vie des enfants dans le pays.
Ravo Andriantsalama        Â








