Sécheresse, cyclones et dégradation des conditions de vie poussent de plus en plus de Malgaches à quitter leur région d’origine. À Madagascar, la migration interne devient progressivement l’une des conséquences visibles du changement climatique, avec des impacts à la fois sociaux, économiques et environnementaux dans les zones de départ comme dans les zones d’accueil.
Alarmant. Selon les données du Centre de suivi des déplacements internes (IDMC), les catastrophes climatiques figurent désormais parmi les principaux facteurs de mobilité humaine dans le pays. Entre 2008 et 2024, les cyclones ont provoqué près de 1,5 million de nouveaux déplacements internes à Madagascar. La sécheresse constitue également un facteur déterminant. Entre 2017 et 2022, 73 000 déplacements ont été enregistrés en lien avec ce phénomène. Dans la région Boeny, environ 32 % des migrants Atandroy recensés évoquent d’ailleurs la sécheresse comme principale raison de leur départ.
Pour les autorités, cette migration interne s’explique en grande partie par les sécheresses répétées dans le sud du pays, qui rendent l’agriculture de plus en plus difficile et poussent certaines familles à chercher de meilleures conditions de vie ailleurs. Face à cette réalité, l’enjeu pour l’État et les collectivités territoriales consiste surtout à mieux organiser l’accueil et l’intégration des migrants dans les régions d’arrivée. Les autorités insistent notamment sur la nécessité d’éviter les stigmatisations et de prendre en compte ce phénomène dans les plans de développement régionaux et communaux.
Pression
Dans la région Boeny, l’arrivée de migrants venus du sud pose toutefois plusieurs défis, notamment sur le plan environnemental. Faute de ressources à leur arrivée, certains se tournent vers la production de charbon de bois pour subvenir à leurs besoins, ce qui entraîne une pression accrue sur les ressources forestières. Du côté des régions de départ, la migration est également perçue comme un phénomène économique.
Certaines personnes quittent temporairement leur localité pour chercher des revenus avant de revenir investir dans leurs projets. Mais lorsque les départs deviennent trop nombreux, le manque de main-d’œuvre peut aussi affecter la production locale. Pour les autorités locales du sud, la solution passe avant tout par des réponses structurelles, notamment l’amélioration de l’accès à l’eau, considéré comme un facteur clé pour stabiliser les populations. Dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, la migration interne apparaît ainsi comme un phénomène appelé à s’inscrire dans la durée, obligeant les pouvoirs publics à repenser l’aménagement du territoire et les politiques d’adaptation.
Ravo Andriantsalama








