Le gouvernement malgache et le système des Nations unies veulent changer d’approche pour financer le développement. Présentée officiellement ce jour au Novotel Antananarivo Alarobia, la Stratégie nationale de financement intégré du développement durable (SNFI-DD) ambitionne de mobiliser davantage de ressources publiques et privées pour soutenir les priorités nationales et accélérer l’atteinte des objectifs de développement durable.
Adoptée en Conseil des ministres le 26 novembre 2025, cette stratégie s’inscrit dans le cadre du financement intégré pour le développement durable promu par les Nations unies. L’initiative vise surtout à mieux aligner politiques publiques, investissements privés et financements internationaux. Pour les autorités économiques, il s’agit avant tout d’un outil stratégique pour combler l’écart entre les besoins de financement du pays et les ressources réellement disponibles.
Madagascar reste confronté à un défi majeur de financement du développement. La pression fiscale ne représente qu’environ 10 % du produit intérieur brut. L’économie demeure largement dominée par le secteur informel. Les ressources publiques restent donc limitées pour financer les investissements nécessaires. Dans le même temps, l’accès au financement reste difficile pour de nombreuses entreprises. Cette situation freine l’investissement et ralentit la création d’emplois. La SNFI-DD veut répondre à ces contraintes par une approche intégrée. L’idée consiste à mobiliser toutes les sources de financement disponibles, qu’elles soient publiques, privées, nationales ou internationales.
Trois leviers stratégiques
La stratégie repose sur trois grands axes. Le premier consiste à renforcer les financements publics. L’objectif est d’améliorer la mobilisation des recettes internes, d’augmenter l’efficacité des dépenses publiques et de mettre en place des instruments stratégiques comme un fonds souverain destiné à soutenir les investissements structurants. Le deuxième levier vise à stimuler les investissements privés. Les autorités comptent pour cela améliorer le climat des affaires, faciliter l’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises et encourager davantage les investissements nationaux, étrangers ainsi que ceux de la diaspora malgache.
Le troisième axe concerne le développement de financements innovants. Il s’agit notamment de promouvoir les obligations vertes et sociales, les mécanismes de financement mixte, les partenariats public-privé ou encore les financements basés sur les résultats. La stratégie met également l’accent sur l’intégration des enjeux climatiques et de la biodiversité dans les décisions d’investissement, ainsi que sur le renforcement de la gouvernance des finances publiques. En filigrane, le message est clair : pour financer durablement son développement, Madagascar devra désormais mobiliser bien plus que ses seules ressources publiques.
Ravo Andriantsalama








