La désignation du futur Premier ministre tarde encore à se préciser. Selon la Constitution, le groupe parlementaire majoritaire à l’Assemblée nationale doit proposer au président de la République les noms des candidats au poste de chef du gouvernement. Mais à Tsimbazaza, la question de savoir qui détient réellement cette majorité reste source de contestation.
Pour l’instant, la session extraordinaire des députés n’est toujours pas convoquée. Pourtant, mardi, le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniako, avait annoncé la tenue prochaine d’une telle réunion. L’objectif serait de permettre aux groupes parlementaires de la majorité de se concerter afin de déterminer les noms à proposer pour le poste de Premier ministre. Mais avant même cette étape, une question divise déjà les élus : celle de l’existence d’un groupe parlementaire majoritaire clairement identifié.
Depuis la prise de pouvoir du chef de l’État, Michael Randrianirina, plusieurs députés ont changé d’alignement politique. Des élus proches de Siteny Randrianasoloniako, des membres du TIM, des députés indépendants ainsi que 64 parlementaires ayant quitté le groupe IRMAR se sont regroupés au sein d’une nouvelle plateforme baptisée FIRAISANKINA. Créée au début du mois de janvier 2026, cette structure affiche son soutien au nouveau pouvoir.
Légitimité
Cependant, la légitimité de cette nouvelle configuration parlementaire est contestée. Hier, le député élu dans l’Itasy, Antoine Rajerson a mis en doute la validité de cette recomposition politique. Selon lui, il ne s’agit pas réellement d’un nouveau groupe parlementaire. Il estime que les élus concernés restent en réalité issus de l’IRMAR, malgré le changement d’appellation et leur repositionnement au sein d’autres groupes.
Le parlementaire évoque également un possible cas de nomadisme politique. En se référant à l’article 72 de la Constitution, il affirme que la Haute Cour Constitutionnelle pourrait prononcer la déchéance de mandat des députés concernés si ce changement de groupe est considéré comme motivé par des intérêts personnels.
Dans ce contexte d’incertitude juridique et politique, la désignation du futur Premier ministre reste suspendue aux rapports de force au sein de l’Assemblée nationale. En attendant la convocation officielle de la session extraordinaire, la bataille politique autour de la majorité parlementaire continue donc de se jouer à Tsimbazaza.
Ravo Andriantsalama








