Le beau temps attendu après la pluie tarde pour la compagnie d’extraction d’ilménite Qit Madagascar Minerals (QMM), qui a accusé un déficit pour l’année 2025. Cependant, sa directrice générale, Isabelle Wabete, se montre très confiante pour cette année et au-delà , évoquant un « énorme potentiel » pour l’avenir des opérations.
« Il y a un futur pour QMM ici à Madagascar ». Par ces mots, la dirigeante de cette filiale du géant minier mondial Rio Tinto a voulu rassurer, lors d’un entretien accordé à la presse dans les locaux de la compagnie. Elle a indiqué que la société suit actuellement un plan de résilience pour amortir le choc.
En effet, le marché du titane sur lequel QMM opère est une niche, caractérisé par une forte volatilité et une faible prévisibilité. Le rebond des conditions du marché de ce produit issu de l’ilménite ne se profile pas encore, malgré les anticipations de la compagnie. Le titane connaît en effet une chute « libre » depuis trois ans, tirée notamment par les fluctuations de la demande internationale. Par ailleurs, la récession a duré plus longtemps que prévu, si bien que QMM a dû suspendre sa production en décembre 2025 afin d’éviter une crise de surproduction. Et ce, après six bonnes années, durant lesquelles les activités étaient rentables entre 2018 et 2024.
Isabelle Wabete se veut toutefois rassurante en avançant les mesures prises par la compagnie. « Depuis septembre dernier, nous avons engagé un plan de résilience, car actuellement le marché n’est plus en chute mais reste relativement stable. Par contre, il n’y a toujours pas de rebond », explique-t-elle. Ce plan devrait permettre à l’entreprise de traverser cette période et de tabler sur une année « bien » selon ses dires.
Coûts compétitifs
En outre, la compagnie entend miser sur l’innovation. « Quoi qu’il arrive, on doit trouver les moyens d’être profitable dépendamment des conditions de marché (...) On déploie l’organisation de manière à ce qu’elle soit toujours tournée vers l’amélioration continue afin d’avoir des coûts compétitifs, même si on a en face de nous des compagnies qui ne jouent pas avec les mêmes conditions », renchérit Isabelle Wabete.
Par ailleurs, QMM bénéficie de la stabilité conférée par sa convention d’établissement, le texte officiel qui régit ses opérations depuis 1998 et semble peu affecté par la conjoncture actuelle. Le mot d’ordre reste le même : rentabiliser le milliard de dollars investi.
En tout cas, cette annonce réjouit plus d’un, à commencer par les employés : les plus de 500 salariés de l’entreprise, tous sous contrats à durée indéterminée, ainsi que quelque 2 500 travailleurs sous-traitants. S’y ajoutent les 88 entreprises locales partenaires et les activités indirectes dans les filières connexes, incluant une trentaine de domaines tels que le transport, la construction, la logistique, l’hôtellerie, la restauration ou encore les services de maintenance industrielle.
Cette décision offre également une garantie aux bénéficiaires des retombées sociales des opérations de QMM, notamment la fourniture de 4 mégawatts d’électricité à la ville de Taolagnaro, à prix coutant, ainsi que le soutien à des projets locaux dans les domaines de l’éducation et de la santé.
Nathan Raherivelo








