Au lendemain de la prise de fonction du nouveau Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, tous les regards se tournent désormais vers Mahazoarivo et Iavoloha, dans l’attente de la nomination des membres du nouveau gouvernement. Pour mieux comprendre les attentes des jeunes, nous avons interrogé des jeunes politiciens, des leaders associatifs et des représentants de la Génération Z sur leur vision de la situation.
« Face aux vagues de déstabilisation actuelles, il est temps pour nous de nous unir et d’être solidaires pour le pays », déclare Matthiew Rakotoniraina, jeune politicien et membre actif du parti AREMA, en exposant sa vision de la future équipe gouvernementale. Selon lui, le moment est venu d’écouter tous ceux qui souhaitent contribuer au développement de la Grande Île. Il insiste également sur la nécessité de donner davantage de place aux paysans vivant dans les zones rurales et éloignées des grandes villes et de la capitale.
Pour sa part, Toavina Rasolofoson, leader d’une organisation de jeunesse de la société civile, explique qu’il attend « des changements tangibles dans la sphère politique et des réformes du système électoral malgache, comme l’ont réclamé ceux qui ont manifesté l’année dernière ». Selon lui, le futur gouvernement devra se concentrer sur ces aspects ainsi que sur la lutte contre la corruption. Le président de l’association E-Tafo souhaite également que les responsables publient un calendrier clair des activités de la refondation jusqu’aux prochaines élections, afin de rassurer l’opinion publique.
Équilibre régional et cause côtière
Dans cette période d’attente, certaines organisations militent pour la nomination de tel ou tel ministre, parfois en insistant sur l’équilibre régional. D’autres évoquent même la « cause côtière ». Mihary Rakotondravelo, coordinateur du mouvement GenZ Madagascar, se dit surpris par ces revendications. « Nous sommes étonnés qu’à notre époque, certains continuent de penser ainsi », explique-t-il. Pour lui, il n’est pas pertinent de tenir compte de l’ethnie ou de la région dans le choix des futurs ministres ; l’essentiel est de favoriser l’unité nationale. Selon lui, les critères pour devenir ministre devraient se baser sur l’expérience, le courage d’apporter de réels changements et une transparence totale.
Mihary Rakotondravelo précise que le fait qu’une personne ait participé aux manifestations de septembre 2025 ne doit pas être un critère pour devenir ministre. « Le militantisme ne garantit pas la compétence », souligne-t-il.
Ce leader de la GenZ exprime également sa surprise face au limogeage de l’ancien Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. À ses yeux, aucune évaluation officielle n’a montré qu’il n’avait pas rempli ses engagements ou qu’il avait échoué dans ses fonctions.
Ravo Andriantsalama








