À l’heure où la formation des élites devient un enjeu central pour le développement, les bourses proposées par Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ouvrent une voie encore trop peu empruntée par les Malgaches. Entre montée en compétences et diplomatie silencieuse, ces programmes dessinent un pont discret mais solide entre Antananarivo et Tokyo.
Dans les salons feutrés d’un cocktail de presse à Ankorondrano, le message se veut clair : le Japon n’est pas seulement un partenaire technique, il devient aussi un partenaire de formation. Et dans cette stratégie, les ressources humaines occupent une place centrale. « Nous avons actuellement cinq programmes de bourses », explique Tahiry Ranarisaona, chargé des formations au sein de JICA. Derrière cette diversité, une logique assez bien structurée. Le programme SG Global Leader par exemple, cible les hauts fonctionnaires et les universitaires. AB Initiative, lui, s’oriente vers le secteur privé. À cela s’ajoutent des formations plus spécialisées, comme Agrinet pour l’agriculture, RAMP pour les infrastructures routières, ou encore Kizuna pour le développement urbain.
Depuis leur mise en œuvre, ces dispositifs ont permis d’envoyer 55 boursiers malgaches au Japon. Un chiffre encore modeste au regard des besoins, mais qui traduit une dynamique en construction. Car au-delà des diplômes, l’ambition est ailleurs. « Nous voulons que ces bénéficiaires deviennent des relais, des ponts entre Madagascar et le Japon », insiste le responsable. Une manière d’inscrire la coopération dans la durée, à travers des profils capables de comprendre les deux systèmes et de faciliter les échanges futurs.
Exigences
Parallèlement aux cursus longs, des formations de courte durée complètent le dispositif. Chaque année, une trentaine de fonctionnaires malgaches bénéficient de séjours allant de deux semaines à trois mois au Japon. Objectif : renforcer des compétences précises, immédiatement réutilisables dans l’administration ou les projets nationaux.
Mais accéder à ces opportunités relève d’un parcours sélectif. Le processus s’étale sur près d’une année et comprend plusieurs étapes : étude des dossiers, entretiens à Madagascar, validation par le siège de la JICA, puis sélection finale par les universités japonaises. Les critères, eux, ne laissent guère de place à l’approximation. L’âge limite est fixé à 40 ans. Les candidats doivent disposer des diplômes requis ; licence pour un master, master pour un doctorat ; et surtout maîtriser l’anglais, langue d’enseignement au Japon. Des certifications comme le TOEFL, le TOEIC, l’IELTS ou encore le Duolingo English Test sont ainsi exigées.
Actuellement, le processus de sélection entre dans sa phase décisive. Quatre candidats malgaches pourraient être retenus d’ici le mois de juillet, si toutes les étapes sont franchies avec succès. Dans un contexte où la compétition internationale pour les compétences s’intensifie, ces programmes apparaissent comme une opportunité stratégique. Encore faut-il que les candidats potentiels s’en saisissent pleinement.
Ravo Andriantsalama








