À l’occasion de la Journée internationale des forêts, les responsables du secteur tirent la sonnette d’alarme : Madagascar fait face à un déficit alarmant de forestiers. Une situation critique pour la préservation de l’environnement, mais qui pourrait devenir une opportunité d’emploi stable pour la jeunesse malgache.
Madagascar peut encore espérer. Avec plus de 10 % de son territoire couvert de forêts et plus de 6 millions d’hectares d’aires protégées, la Grande île conserve un patrimoine naturel d’envergure mondiale. Mais derrière ces chiffres encourageants se cache une réalité bien plus préoccupante : le nombre de forestiers est largement insuffisant pour surveiller, protéger et valoriser ces espaces.
Aujourd’hui, ils ne seraient qu’environ 300 agents pour l’ensemble du territoire. Un chiffre dérisoire au regard des standards internationaux. Là où un forestier est censé couvrir 2 000 hectares, à Madagascar, un seul agent doit en gérer jusqu’à 40 000. Un déséquilibre qui illustre à lui seul l’ampleur du défi.
Face à cette situation, les autorités environnementales ne cachent plus leur inquiétude. Le manque d’effectifs rend difficile la lutte contre les multiples pressions qui pèsent sur les ressources naturelles : exploitation illicite, déforestation ou encore feux de brousse. Malgré leur engagement, les forestiers restent en sous-effectif chronique et doivent parfois composer avec des contraintes supplémentaires, y compris des pressions extérieures.
Métier d’avenir
Dans ce contexte, un appel clair est lancé : renforcer les effectifs à travers la création de postes budgétaires. Car sans ressources humaines suffisantes, les politiques de protection des forêts risquent de rester lettre morte. La préservation du patrimoine naturel malgache dépend avant tout de la présence d’agents sur le terrain.
Mais au-delà du constat, cette situation révèle aussi une opportunité. Le métier de forestier, encore peu valorisé, pourrait constituer une voie d’insertion professionnelle durable pour les jeunes Malgaches. À l’heure où la quête d’un emploi stable devient un défi majeur, ce secteur offre des perspectives concrètes, utiles et directement liées aux enjeux du pays.
D’autant que la forêt occupe une place centrale dans la vie économique et sociale. Près de 80 % de la population vit dans ou à proximité des zones forestières et dépend des ressources qu’elles fournissent. Protéger la forêt, c’est donc aussi préserver des moyens de subsistance et soutenir l’économie locale.
Reste que cette mission ne peut reposer uniquement sur les forestiers. Les responsables du secteur appellent à une mobilisation collective, rappelant que la protection des forêts est l’affaire de tous. Une responsabilité partagée, mais qui nécessite, en première ligne, des hommes en nombre suffisant. Dans un pays où la richesse naturelle constitue un levier de développement, investir dans les forestiers apparaît désormais comme une urgence. Et pour la jeunesse malgache, peut-être une chance à saisir.
Ravo Andriantsalama








