Face aux exigences d’un paysage médiatique en constante évolution, l’équipe éditoriale du Studio Sifaka choisit de revenir à l’essentiel. À travers une formation intensive organisée dans le cadre du projet MANEHOA, ces professionnels des ondes entendent renforcer leurs fondamentaux pour mieux affirmer leur identité et leur mission.
Pendant quatre jours, du 24 au 27 mars, loin du tumulte des rédactions, les journalistes du Studio Sifaka ont troqué micros et studios pour les bancs d’une formation de recyclage à Ambatofotsy. Une pause studieuse, mais stratégique. Cette initiative s’inscrit dans le projet Manehoa, visant la liberté d’expression à Madagascar mis en œuvre avec Internews Madagascar et financée par l’Union européenne. se dessine une volonté claire : se recentrer, se redéfinir, et surtout, se réaffirmer.
Pour le rédacteur en chef, Nathan Raherivelo,  l’enjeu dépasse largement l’acquisition de nouvelles compétences. « Il s’agit avant tout de rester fidèles à notre ligne éditoriale », confie-t-il. Une ligne parfois mise à l’épreuve par le flux incessant de l’actualité dominante. Politique, jeunesse, sujets de société… autant de thématiques qui, à force d’être omniprésentes, peuvent diluer l’identité d’un média.
C’est précisément pour éviter cette dérive que la formation a débuté par un atelier participatif. Objectif : dresser un diagnostic collectif et éviter une approche descendante. Ici, pas de leçon imposée, mais une réflexion  basée sur l’intelligence collective. Les journalistes ont été invités à questionner leurs pratiques, leurs choix de sujets et leur vision commune.
Retrouver le cap                                      Â
Le constat est lucide : à force de suivre les tendances, le média s’éloigne parfois de ce qui fait sa singularité. D’où la nécessité de reconstruire ensemble une trajectoire, en capitalisant sur les acquis tout en redonnant du sens au travail quotidien. Au cœur de cette remise à niveau, un pilier : le reportage. « C’est l’âme de la radio », rappelle le rédacteur en chef. Techniques d’interview, construction du récit, qualité sonore… les fondamentaux ont été passés au crible. À cela s’ajoute un module consacré à la conduite de débats radiophoniques, avec des mises en situation concrètes pour ancrer les apprentissages.
Si aucun bilan chiffré n’est encore établi, l’enthousiasme des participants en dit long. Les exercices pratiques ont révélé une bonne assimilation des contenus, mais surtout une réelle dynamique de groupe. Reste désormais l’épreuve du terrain. Car au-delà des salles de formation, c’est dans le quotidien des rédactions que se jouera la véritable réussite de cette initiative.
Ravo Andriantsalama








