Face à une crise alimentaire qui s’installe durablement dans le sud de Madagascar, les autorités tirent la sonnette d’alarme. Trente-deux communes sont désormais classées en zone rouge, nécessitant des interventions d’urgence pour éviter le pire.
Le constat est alarmant. Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, le directeur général du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), le général Gabriel Ramanantsoa, a révélé que 32 communes, réparties dans cinq districts du Grand Sud, sont actuellement frappées par une insécurité alimentaire aiguë.
Parmi les zones les plus touchées figurent Ampanihy Ouest, Maharomby, Ejeda ou encore Tsimanandray. Dans ces localités, la malnutrition gagne du terrain et les conditions de vie des populations se détériorent rapidement. « On voit tous ce qui se passe dans le sud du pays », a-t-il déclaré, évoquant une crise désormais visible et préoccupante.
Face à cette situation, les autorités ont décidé de prioriser ces zones dites « rouges » dans la distribution des aides humanitaires. L’urgence est d’éviter une aggravation rapide de la crise, alors que la vulnérabilité des ménages ne cesse de croître.
Certains dons, Initialement destinés aux sinistrés du cyclone Gezani à Toamasina,  ont finalement été redirigés vers le sud. Une décision motivée par l’ampleur de l’insécurité alimentaire qui y sévit actuellement.
Réponse d’urgence
Au total, 263 000 kg de riz ainsi que d’autres denrées alimentaires primordiales seront acheminés dans plusieurs régions, notamment Vatovavy, Fitovinany, Atsimo Atsinanana, Anosy et Atsimo Andrefana. Le BNGRC prévoit de déployer ses équipes après les fêtes de Pâques afin d’assurer la distribution de ces aides aux populations les plus touchées.
Si aucune perte humaine liée directement à cette situation n’a été officiellement enregistrée jusqu’à présent, les autorités appellent à la prudence face aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux. Le ministère de la Santé publique confirme qu’aucun décès n’est à déplorer, tout en reconnaissant que la situation reste critique.
Le général Gabriel Ramanantsoa, récemment en mission dans le sud, notamment à Amboasary, insiste sur la particularité de cette crise. Contrairement aux cyclones, dont les impacts sont souvent immédiats mais passagers, l’insécurité alimentaire s’installe dans la durée. Elle fragilise progressivement les populations et complique les réponses à apporter, posant ainsi la question de solutions pérennes pour une région structurellement vulnérable.
Ravo Andriantsalama








