Deux jours après la déclaration de l’état d’urgence énergétique, les stations-service sont pris d’assaut dans plusieurs villes du pays. Entre pénuries localisées, longues files d’attente et tensions croissantes, la situation complique le quotidien des usagers.
À Antananarivo comme dans certaines régions — Andilamena, Ambatondrazaka ou encore Fianarantsoa — les automobilistes et conducteurs de deux-roues se précipitent vers les rares stations encore approvisionnées. Depuis hier, plusieurs points de vente sont déjà à sec, accentuant la pression sur ceux qui disposent encore de carburant.
À Ankazomanga Antananarivo, la station Jovena illustre cette tension palpable. Des files interminables s’étirent sur plusieurs dizaines de mètres, provoquant d’importants embouteillages. Sur place, l’attente prolongée attise l’exaspération des clients, donnant lieu à des échanges parfois vifs. Les pompistes, débordés, tentent tant bien que mal de réguler le flux.
Au milieu de la file, un père de famille, conducteur de deux-roues, confie attendre depuis plus d’une heure. « Beaucoup de gens souffrent déjà à cause de cette situation, et on ne sait même plus ce qui est vrai. Je suis passé à la station Jovena Pullman, puis à Galana Alarobia, mais il n’y avait rien. C’est seulement ici, à Ankazomanga, que j’ai pu en trouver. En tant que Malgache, quand on est en difficulté, on est obligé de faire avec les moyens du bord. On ne peut que subir. La seule chose que je peux faire, c’est être en colère », lâche-t-il, visiblement éprouvé.
Mesure anticipative
Du côté des autorités, on se veut rassurant. Le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga, évoque une mesure préventive, inscrite dans le cadre de l’état d’urgence énergétique. Le ministre affirme que l’approvisionnement du pays reste suffisant et écarte tout risque de pénurie. « Il ne s’agit pas d’une crise majeure, mais d’une mesure anticipative pour faire face aux impacts du conflit au Moyen-Orient. Un navire transportant du carburant est attendu en début de semaine, au plus tard le 13 avril. L’approvisionnement se poursuit normalement », assure-t-il.
Un second navire est également annoncé dans les semaines à venir pour renforcer les stocks. En attendant, sur le terrain, la réalité reste tendue. Ce matin encore, le nombre de stations capables de distribuer du carburant semblait en baisse, obligeant les usagers à multiplier les déplacements et à patienter de longues heures, dans l’espoir de faire le plein.
Ravo Andriantsalama








