Moins d’une centaine de jeunes se sont rassemblés ce jour à Ambohijatovo avant de marcher vers Analakely. Portés par des revendications radicales, ils exigent la dissolution de plusieurs institutions qu’ils jugent défaillantes, dans une mobilisation restée globalement pacifique.
Il est un peu plus de 11 heures lorsque les premiers groupes du mouvement GEN Z commencent à affluer sur la place d’Ambohijatovo. Des visages déjà aperçus lors de la manifestation du 25 septembre dernier réapparaissent, cette fois accompagnés de représentants des Ray aman-dreny ara-drazana. Banderoles à la main, les manifestants affichent des messages sans ambiguïté : dissolution de la Haute Cour Constitutionnelle, de la Commission électorale nationale indépendante, de l’Assemblée nationale, et plus largement de « toutes les structures mortes ».
Face aux journalistes, les participants justifient leur position par une perte totale de confiance envers les institutions en place. « Il y a ces détournements de fonds, ces exportations illicites d’or mentionnés dans les rapports de la Cour des comptes… Les députés n’ont pas exercé leur rôle de contrôleurs », avance l’un des porte-parole. Pour ces jeunes, les engagements initiaux des autorités, notamment la promesse de refonte institutionnelle, n’ont pas été tenus.
Marche encadrée
Après ce rassemblement, le groupe, réduit à moins d’une centaine de personnes, entame une marche en direction de la place du 13-Mai. Entre chants patriotiques, cris et coups de sifflet, la progression se fait sans heurts. Aucun dispositif de barrage n’est visible, même si quelques véhicules de police circulent dans les environs.
Arrivés à Analakely, les manifestants annoncent leur intention de poursuivre le mouvement. « Ce n’est qu’un commencement », lance un autre intervenant, évoquant une contestation appelée à durer face à des institutions jugées inefficaces depuis plusieurs années.
En marge de la manifestation, une interpellation a toutefois été signalée. Selon les organisateurs, l’un des leaders du mouvement a été interpellé hier à la section de recherches criminelles de la gendarmerie à Fiadanana, dans le cadre d’une enquête liée à la mobilisation de ce jour. D’après les informations communiquées, son état de santé est jugé bon et une libération rapide reste envisagée.
Dans l’ensemble, la journée s’est déroulée dans le calme à Ambohijatovo comme à Analakely. Les activités commerciales ont suivi leur cours habituel et aucun trouble majeur à l’ordre public n’a été constaté. Une mobilisation contenue, mais porteuse de revendications qui pourraient s’inscrire dans la durée.
Ravo Andriantsalama








