Portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs audacieux, la 8ᵉ édition de la mission économique et commerciale au Canada (MECC) s’ouvre sous le signe de la conquête. Entre quête de débouchés internationaux, besoin de structuration et montée en puissance du digital, les jeunes malgaches affichent clairement leur ambition : franchir un cap et s’imposer sur un marché canadien aussi exigeant que prometteur.
La 8ᵉ édition de la mission économique et commerciale au Canada (MECC) a été lancée ce jeudi au Radisson Blu Ambodivona, sous l’impulsion de la Chambre de commerce et de coopération Canada–Madagascar (CAMCHAM). Au-delà des échanges économiques, l’événement met en lumière une dynamique de fond : l’irruption d’une nouvelle génération d’entrepreneurs malgaches, déterminée à s’imposer sur la scène internationale.
Dans la salle, les visages sont jeunes, les parcours souvent récents, mais les ambitions déjà affirmées. Pour beaucoup, la MECC représente bien plus qu’un déplacement professionnel : une première véritable immersion dans les standards du commerce international.
Certaines entreprises, comme Bioesoil, incarnent déjà une certaine maturité, tout en conservant cet esprit entrepreneurial jeune. À sa troisième participation, l’entreprise spécialisée dans l’exportation d’huiles essentielles et d’épices témoigne des retombées concrètes de la mission. « Nous revenons parce qu’il y a eu des résultats », explique Johane, sa représentante, insistant sur l’importance du réseau et de la visibilité pour toute entreprise tournée vers l’export.
Mais derrière ces success stories, c’est surtout une jeunesse qui cherche à franchir un cap. Car percer seul un marché comme le Canada reste un défi de taille. D’où l’importance d’un cadre comme celui offert par la CAMCHAM, perçu comme un accompagnateur clé. « Ce n’est pas évident d’aller à l’international sans appui », reconnaît un Ronsley de Via consulting, soulignant le rôle de la mission comme passerelle vers un marché exigeant mais porteur.
Le digital
Si l’agrobusiness reste dominant, une autre tendance se dessine nettement : celle d’une jeunesse entrepreneuriale qui mise sur le digital pour se faire une place à l’international. Adriel, fondateur de Cherry Tech, en est une illustration. Parti seul il y a cinq ans dans le design graphique, il a bâti progressivement une structure capable d’intervenir sur le branding, la création de sites web et la gestion des réseaux sociaux. Aujourd’hui, son entreprise affiche plus de 500 projets réalisés et accompagne une cinquantaine d’entreprises, preuve d’une montée en puissance rapide.
Pour ce jeune entrepreneur, la participation à la MECC est une première, mais l’ambition est déjà tournée vers l’extérieur. « Nous voulons démontrer le potentiel des jeunes malgaches dans le marketing digital », affirme-t-il. Un positionnement stratégique, d’autant que ce secteur est présenté comme fortement demandé sur le marché canadien.
Au-delà de la performance individuelle, c’est toute une génération qui se reconnaît dans ce parcours : des jeunes formés localement, souvent autodidactes, qui s’appuient sur le numérique pour contourner les barrières traditionnelles à l’internationalisation. Reste que la réussite ne repose pas uniquement sur le talent. Formation, conseil et réseautage figurent parmi les attentes majeures exprimées par ces jeunes entrepreneurs. Autant de leviers indispensables pour transformer leur potentiel en opportunités concrètes.
À travers cette 8ᵉ édition de la MECC, une évidence s’impose : la jeunesse malgache n’attend plus. Elle s’organise, se structure et tente désormais de se frayer un chemin sur les marchés internationaux, avec le Canada comme nouvelle frontière. La mission va s’envoler pour le Canada le 26 avril prochain et va revenir le 11 mai.
Ravo Andriantsalama








