COVID-19 : Tous ensemble face au virus

ArticlesActualités

©SIFAKA
Le document, dévoilé par le Système des Nations Unies (SNU), revient sur une année 2025 marquée par une montée progressive des tensions.

Rapport ONU 2025 : Autopsie d’une crise de gouvernance

Antananarivo sous tension, institutions fragilisées, jeunesse en première ligne. Le Rapport annuel des résultats 2025 du Système des Nations Unies, présenté hier au Galaxy Andraharo, dresse un constat sévère : les défaillances structurelles de la gouvernance malgache ont alimenté une crise sociopolitique majeure, dont les répercussions continuent de secouer le pays.

Le document, dévoilé par le Système des Nations Unies (SNU), revient sur une année 2025 marquée par une montée progressive des tensions. En toile de fond : des institutions incapables de répondre aux attentes, des services publics défaillants et un climat socio-économique en dégradation constante. Dans ce contexte, la jeunesse, fer de lance de la contestation, a exprimé un ras-le-bol face à ce qu’elle qualifie de « défaillances de gouvernance ».

La contestation a atteint son paroxysme entre septembre et octobre 2025. Les manifestations, massives, ont été violemment réprimées. Le rapport fait état d’au moins 25 morts et de centaines de blessés. Une séquence qui a profondément fissuré l’appareil sécuritaire et précipité un basculement politique, avec l’arrivée au pouvoir d’un exécutif civilo-militaire dirigé par le colonel Mickael Randrianirina.

Au cœur de cette crise, cinq failles majeures sont identifiées : faiblesse chronique des institutions, corruption persistante, rétrécissement de l’espace civique, harcèlement des défenseurs des droits humains et recours excessif à la force. Autant de facteurs qui, combinés, ont progressivement érodé la confiance des citoyens envers l’État.

Malgré ce tableau sombre, Madagascar affiche une volonté de coopération sur la scène internationale. Lors du quatrième cycle de l’Examen périodique universel devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, le pays a accepté 204 recommandations sur 235. Un signal positif, mais que le rapport nuance aussitôt : la mise en œuvre reste entravée par les mêmes fragilités structurelles.

Réformes annoncées, blocages persistants

Les indicateurs confirment cette réalité. L’indice de perception de la corruption maintient Madagascar à un niveau critique, avec un score de 25 sur 100, révélateur d’un déficit persistant de transparence et de redevabilité.

Face à ces défis, le SNU met en avant ses interventions. En 2025, 16,7 millions de dollars ont été mobilisés pour renforcer la gouvernance, l’État de droit et la sécurité. Parmi les avancées : 18 ministères dotés de systèmes d’information sensibles au genre, une multiplication des structures citoyennes et plus de 75 000 personnes ayant accédé à la justice grâce à l’appui onusien.

Dans son avant-propos, le coordonnateur résident Anthony Ngororano insiste sur un point clé : sans gouvernance inclusive, aucun développement durable n’est envisageable. Le rapport plaide ainsi pour un dialogue renforcé avec les jeunes, les femmes et la société civile, dans le cadre du processus de « refondation » annoncé sur deux ans.

Mais les incertitudes demeurent. Le nouveau pouvoir, déjà critiqué pour la faible représentation des jeunes et des femmes en son sein, doit composer avec des finances publiques fragiles, une inflation persistante et des crises climatiques récurrentes. Dans ce contexte, l’appel du SNU résonne comme une mise en garde : sans réformes profondes et effectives, la refondation promise pourrait ne jamais dépasser le stade des intentions.

Ravo Andriantsalama

Pour en savoir plus sur nos activités
M'inscrire à la newsletter