La première session ordinaire du parlement s'est ouverte ce matin à Tsimbazaza. Dans son discours inaugural, le président de l'Assemblée nationale Siteny Randrianasoloniaiko a « sévèrement » interpellé l'exécutif sur ses retards - décentralisation, application des lois, grands projets miniers - sans détour ni concession.
C'est fait. Le coup d'envoi de la première session ordinaire du parlement a été donné ce matin à l'Assemblée nationale Tsimbazaza. Une occasion pour les députés d'en découdre avec l'équipe gouvernementale de Mamitiana Rajaonarison. Ministres, chefs d'institutions et autres invités de marque ont rehaussé de leur présence la cérémonie d'ouverture. C'était aussi l'occasion pour le président de la chambre basse ; et désormais seul président du parlement malgache, devenu monocaméral après la fin de mandat des sénateurs et le report des élections ; Siteny Randrianasoloniaiko, de prendre position sur les sujets brûlants du moment.
Lors du traditionnel discours d'ouverture, Siteny Randrianasoloniaiko n'a pas ménagé l'exécutif. Du retard de développement du pays à l'application des lois, en passant par le délai d'exécution des textes déjà votés, il n'y est pas allé de main morte. « C'est l'exécutif qui boit du vin et c'est nous, les députés, qui en sommes ivres », a-t-il lancé, s'excusant lui-même de ce raccourci qu'il jugeait mal placé. Sur la question de l'exécution des lois votées par le parlement, le leader du « Mihava Tour » a été clair : les retards ne seront plus tolérés, car une loi inappliquée reste lettre morte et ne produit aucun effet concret pour la population.
Inchangé
Il a également pointé du doigt l'immobilisme de l'exécutif sur la voie d'une véritable décentralisation, s'appuyant sur l'article 3 de la Constitution, qui consacre le rôle central des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Il a déploré que ces entités ne jouissent toujours pas d'une autonomie pleine et entière. « Par exemple, les chefs de régions et de provinces ne sont toujours pas élus, des années après la mise en place des régions. Seul 2 % du budget de l'État est consacré aux CTD chaque année », a-t-il fustigé.
Cette posture du président de l’assemblée est compréhensible au regard du contexte actuel, marqué par des appels de plus en plus forts à une décentralisation effective, certains allant jusqu'à réclamer un basculement vers le fédéralisme, ou du moins un retour au système des provinces autonomes voulu par le regretté président Didier Ratsiraka sous la Deuxième République. Siteny Randrianasoloniaiko a conclu sur ce point en affirmant que la loi sur la décentralisation sera débattue coûte que coûte avant la clôture de cette première session ordinaire.
Par ailleurs, « Be Hozatse » est revenu sur sa position concernant les grands chantiers lancés par l'État dans le Grand Sud. Il a tenu à rappeler son opposition ferme au projet Base Toliara, désormais rebaptisé Vara Mada, estimant que de tels projets, aussi importants soient-ils, ne devraient jamais être approuvés en l'état par l'État, et que le gouvernement devrait plutôt faciliter l'accès des Malgaches aux grands investissements.
Ravo Andriantsalama








