Entre occupation anarchique des trottoirs, refus de relocalisation et contestation systématique des décisions municipales, les autorités de la capitale se heurtent une nouvelle fois à une résistance populaire face aux mesures d’assainissement urbain. Une situation qui illustre un constat de plus en plus visible : à Antananarivo, l’exception semble progressivement devenir la règle.
« Donne-moi le sifflet. Vous nous incitez, nous les marchands, à nous écarter. Moi, je dis : continuons notre commerce. » Ce sont les paroles d’une marchande de rue aux abords de la « Petite Vitesse » ce matin, lors d’une discussion assez houleuse avec des agents de la Commune urbaine d’Antananarivo. Ces marchands de rue ont apparemment été sommés par la commune de quitter les trottoirs pour rejoindre les marchés publics destinés à leurs activités. Une solution qui ne plaît pas du tout aux principaux concernés, qui montent directement au créneau et soufflent continuellement dans leurs sifflets. Pourtant, la règle veut que la chaussée soit réservée aux véhicules et les trottoirs aux piétons.
Le cas des marchands de la « Petite Vitesse » n’est pourtant pas isolé. Depuis quelques jours, la grogne se fait également entendre du côté du stationnement de « Fasan’ny Karana ». La raison : les transporteurs refusent de déménager vers la gare routière d’Amoronakona, qui dispose pourtant d’infrastructures plus adaptées pour servir la clientèle et desservir les principales routes nationales menant vers le sud du pays. Pour rappel, une décision de réhabiliter cette gare été annoncée la semaine dernière.
Assainissement
Quelques jours auparavant, c’était au tour des marchands de rue de Behoririka de manifester leur opposition à un quelconque changement d’emplacement. À ce moment-là , le nouveau président de la délégation spéciale (PDS) de la Commune urbaine d’Antananarivo, Feno Ralambomanana, venait d’être nommé et s’est retrouvé confronté à la réalité de la capitale dès son premier jour de fonction.
Pourtant, les infrastructures ne manquent pas. Bien avant l’arrivée de Feno Ralambomanana à la tête de la commune, ses prédécesseurs s’étaient déjà cassé les dents sur la relocalisation des marchands de rue ainsi que sur l’assainissement du stationnement de Fasan’ny Karana.
Ravo Andriantsalama








