L’affaire suscite interrogations et controverses. Alors que des informations contradictoires circulent sur une éventuelle procédure de levée de son immunité parlementaire, le député élu dans le district d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, assure avoir été visé avant que la démarche ne soit abandonnée. Une version catégoriquement démentie par une élue de la majorité, sur fond de dénonciation du brouillage persistant de la Radio Fivoarana, appartenant à ce politicien.
Flou total. C’est le sentiment qui domine au sein de l’opinion publique concernant la levée ou non de l’immunité parlementaire du député élu d’Arivonimamo, Antoine Rajerison. En l’espace de trois jours, plusieurs informations ont circulé sur les réseaux sociaux, alimentant les spéculations. Depuis son fief d’Arivonimamo, le principal intéressé se dit serein face à la situation. Samedi dernier, il a déclaré devant une foule acquise à sa cause que la levée ou non de son immunité importait peu, car « son immunité reste le peuple ».
Contacté ce matin, Antoine Rajerison affirme que son immunité parlementaire a bien fait l’objet d’une procédure de levée avant que celle-ci ne soit finalement abandonnée. Selon lui, il est inexact de soutenir que le Bureau permanent de l’Assemblée nationale ne peut pas retirer l’immunité d’un député en période de session. Il cite le cas de son collègue Naivo Raholdina, dont l’immunité a été levée le 19 mai dernier alors que la session ordinaire avait débuté le 5 mai. L’élu estime que la pression de l’opinion publique a pesé dans ce dossier et a conduit les responsables à renoncer à la procédure. Il s’interroge également sur le respect des règles, rappelant qu’en période de session, une décision de cette nature devrait normalement être soumise à l’approbation de l’Assemblée réunie en séance plénière.
Brouillage
De son côté, la députée élu à Atsimondrano et rapporteur général du bureau permanent de l’Assemblée nationale, Voahangy Raharimanarivo, jointe par téléphone ce matin, réfute catégoriquement les déclarations de son collègue. Elle affirme qu’aucune procédure de levée de l’immunité parlementaire n’a jamais concerné Antoine Rajerison et se dit surprise de le voir évoquer publiquement une telle éventualité. La parlementaire souligne par ailleurs que les élus respectent strictement les dispositions légales dans l’exercice de leurs fonctions et rejette toute accusation de décision arbitraire au sein de l’institution.
Par ailleurs, l’élu d’Arivonimamo dénonce la poursuite du brouillage des émissions de Radio Fivoarana, une station qui lui appartient. Selon lui, de nombreuses localités restent privées de réception, notamment dans les zones de Fenoarivobe et de Manalalondo. Le député estime que cette situation limite l’accès de la population aux informations diffusées par cette radio. À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite sur les causes de ces perturbations ni sur leur éventuelle cessation. Antoine Rajerison affirme toutefois que le brouillage proviendrait du site d’Ambohimitsimbina, sans disposer, pour l’heure, d’éléments de preuve permettant d’étayer cette accusation.
Pour rappel, le député Antoine Rajerison est présumé en lien avec des actes de déstabilisation du pays, selon les explications de la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo. Cet élu est par ailleurs connu pour ses critiques envers le régime de la refondation, récemment il a déposé une requête à la Haute Cour constitutionnelle pour constater l’incompétence du président de la Refondation.
Ravo Andriantsalama








