Après moins de 24 heures de grève, les chauffeurs et receveurs des taxi-be, les véhicules de transports publics, de la capitale ont repris le travail. Une décision prise à l’issue d’une réunion avec les autorités, alors que l’État avait déjà déployé des bus électriques et hybrides pour assurer temporairement la continuité du service public.
Retour à la normale. Moins de 24 heures après le début de la manifestation généralisée des chauffeurs et receveurs de taxi-be de la capitale, ces derniers sont revenus sur leur décision et sont désormais de nouveau présents dans les rues d’Antananarivo à bord des bus, indispensables à la majorité de la population de la Ville des Mille. Hier, dès le petit matin, aucun bus, ou presque, n’était visible dans les artères de la ville. En revanche, chauffeurs et receveurs occupaient bel et bien les rues, non pas pour travailler, mais pour protester contre certaines mesures prises par la Commune urbaine d’Antananarivo.
Parmi les décisions contestées figurent les tarifs appliqués à la fourrière et à la contre-visite, ainsi que la corruption que les manifestants attribuent aux agents de la police municipale. Vers 10 heures du matin, plusieurs centaines d’hommes se sont rassemblés devant l’Hôtel de Ville d’Analakely, munis de sifflets, de vuvuzelas et de pancartes rappelant leurs revendications.
Vers 11 heures, les autorités, dont le président de la délégation spéciale, Feno Ralambomanana, cinq ministres, la cheffe de la région Analamanga, le directeur général de la police ainsi que le préfet d’Antananarivo, se sont réunies dans l’une des grandes salles de l’Hôtel de Ville avec quelques représentants des professionnels du transport urbain. Après plus de deux heures de discussions, il a été conclu que les chauffeurs et receveurs reprendraient le travail dès la soirée. À en juger par les réactions de nombreux chauffeurs et receveurs, cette décision de reprise ne faisait toutefois pas l’unanimité.
Décision drastique
Plusieurs heures se sont écoulées après la réunion et le constat était sans appel : les bus de la capitale n’étaient toujours pas de retour dans les rues. En réponse, l’État a sorti le grand jeu : une vingtaine de bus électriques et hybrides, jusque-là entreposés au palais d’Iavoloha, ont été mis en circulation. Conduits par des militaires et avec des policiers faisant office de receveurs, ces bus modernes, importés sous le régime d’Andry Rajoelina, ont desservi plusieurs axes d’Antananarivo de 18 heures jusqu’au bout de la nuit. Le transport était gratuit pour les habitants de la capitale, privés de leur moyen de transport habituel.
La raison avancée par le ministre des Transports et de la Météorologie, Herizo Andrianavalona Ramanambola, repose sur le principe de continuité du service public, les transports en commun constituant le poumon de la mobilité urbaine d’Antananarivo.
Aujourd’hui, au petit matin, à la stupeur générale, les taxi-be ont repris du service. Bien que la plupart de leurs revendications demeurent en suspens, ils sont retournés à leur activité. Les raisons de ce revirement restent floues, mais il est certain que la mise en circulation des bus modernes n’y est pas étrangère. Du côté des usagers, ce retour à la normale est plutôt bien accueilli. La suite du mouvement des chauffeurs et receveurs demeure incertaine mais, au-delà des spéculations, la vie de la capitale reprend peu à peu son cours à deux jours de la célébration de la fête de l’Indépendance.
Ravo Andriantsalama








