Après quatre années de mise en œuvre dans les régions d’Analamanga, d’Itasy et de Vakinankaratra, le projet DINAAMICC a présenté ce jeudi au Carlton Anosy les résultats de ses travaux. Entre recherche scientifique, innovations agricoles et accompagnement des producteurs, le programme revendique des acquis tangibles pour renforcer la résilience de l’agriculture familiale face au changement climatique.
Face aux dérèglements climatiques, à l’appauvrissement des sols et à la recrudescence des ravageurs, l’agriculture familiale malgache se retrouve en première ligne. C’est dans ce contexte qu’est né le projet DINAAMICC, pour « Démarches intégrées et accompagnement pour une agriculture familiale à Madagascar innovante et résiliente aux changements climatiques ». Quatre ans après son lancement, l’heure est au bilan. Les résultats du programme ont été présentés ce jeudi lors d’un atelier de restitution organisé au Carlton Anosy.
Au-delà des discours sur l’adaptation climatique, DINAAMICC met en avant des réalisations mesurables. Plus de 3 000 producteurs, dont plus d’un millier de femmes, ont bénéficié de formations et d’un accompagnement sur les pratiques agroécologiques. Fertilisation organique, lutte biologique contre les ravageurs, agroforesterie ou encore diversification des cultures figurent parmi les techniques diffusées.
Le projet a également formé 355 paysans leaders appelés à devenir des relais de proximité au sein de leurs communautés. À cela s’ajoutent 48 sites pilotes agroécologiques et 188 parcelles de démonstration qui ont servi de laboratoires à ciel ouvert pour tester et vulgariser les innovations.
L’un des acquis les plus marquants concerne l’agroforesterie. Plus de 54 000 jeunes plants forestiers ont été produits et plus de 53 000 arbres ont été plantés par les agriculteurs bénéficiaires. Une réponse concrète à la dégradation des terres et à l’érosion qui affectent de nombreuses zones agricoles.
Héritage durable
Sur le plan de la sécurité alimentaire, le projet revendique également des avancées significatives. Deux variétés de riz pluvial ont obtenu leur homologation tandis que deux autres sont encore en cours de validation. Plus de 20 tonnes de semences de qualité ont été produites et distribuées à plus de 1 300 producteurs.
Autre résultat notable : la production de plants de pomme de terre est passée de 71 tonnes à 256 tonnes grâce notamment à l’installation d’un laboratoire de production in vitro de plants sains au CEFFEL d’Antsirabe. Une progression qui illustre la volonté du projet de renforcer les capacités nationales de production.
La diversification des activités agricoles a également occupé une place importante. La rizipisciculture améliorée s’étend désormais sur 249 hectares et a permis la production de plus de 54 tonnes de poissons. Dans le même temps, 456 jardins de case ont été installés, principalement au profit des femmes, afin d’améliorer la nutrition des ménages ruraux.
Au-delà des chiffres, les promoteurs du projet mettent surtout en avant un héritage durable. Dix doctorants malgaches, plus de quarante étudiants de master et une trentaine de jeunes ingénieurs ont participé aux travaux de recherche. Des laboratoires ont été renforcés, quatre stations météorologiques ont été installées et trente magasins de stockage ont été construits.
Dans un contexte où le changement climatique menace directement les moyens de subsistance de millions de ruraux, DINAAMICC entend démontrer qu’une agriculture familiale plus résiliente peut émerger à condition de faire converger recherche scientifique, innovation et savoir-faire paysan. Reste désormais à inscrire ces acquis dans la durée, au-delà de la clôture officielle du projet.
Ravo Andriantsalama








