Dans un communiqué publié ce matin, le ministère de la Justice a réagi aux violences survenues à Maintirano. Le département rappelle qu’aucune personne ne peut être déclarée coupable sans enquête ni jugement et appelle la population à laisser la justice exercer pleinement son rôle.
Face à la montée des actes de justice populaire, le ministère de la Justice réaffirme les principes fondamentaux de l’État de droit. Dans son communiqué, il souligne qu’en vertu du droit en vigueur à Madagascar, ainsi que des règles internationales, nul ne peut être tenu pour coupable sans procédure régulière, enquête approfondie et décision rendue par une juridiction compétente.
Le ministère insiste sur le fait que la recherche, la poursuite et la sanction des auteurs présumés d’infractions relèvent exclusivement des autorités judiciaires. Il rappelle ainsi que la justice ne peut être rendue dans la rue, ni sous la pression de la foule, mais uniquement dans le cadre légal prévu par les institutions de la République.
La justice, seule voie légitime
Ce rappel intervient dans un contexte où la population exprime de plus en plus son impatience face à l’insécurité et à la lenteur supposée des procédures. Mais, pour le ministère, la vindicte populaire ne peut en aucun cas constituer une réponse acceptable aux difficultés du quotidien. Elle fragilise l’ordre public et menace les fondements mêmes de la justice.
Le département appelle donc les citoyens à faire preuve de responsabilité et de retenue, tout en réaffirmant la nécessité de renforcer la confiance entre la population et les institutions. Selon le communiqué, seule une justice respectée et accessible peut garantir durablement la paix sociale et la protection des droits de chacun.
Coup d’épée dans l’eau
Pourtant, la sensibilisation des citoyens, les mises en garde et les rappels de la loi n’ont jusqu’ici pas produit les effets escomptés. Pour rappel, à quasiment chaque fait malheureux qui survient au sein de la société, les autorités réagissent de la même manière, sans pour autant parvenir à mettre un terme à ces sordides faits divers.
En filigrane, l’une des principales raisons de ces événements reste toutefois la perte quasi totale de la confiance de la population dans le système judiciaire. La solution la plus évidente consiste donc à restaurer cette confiance, érodée au fil du temps et des pratiques politiques. Reste désormais à trouver le moyen de regagner la confiance du peuple.
Ravo Andriantsalama








