Le courant ne passe plus. Après le début de l’enquête parlementaire sur les difficultés de la JIRAMA, les contrats conclus entre l’État et ses prestataires de services énergétiques sont pointés du doigt par les députés. L’exécutif, de son côté, cible directement le prestataire ENELEC, qu’il tient pour responsable des coupures d’électricité qui se multiplient à nouveau depuis quelque temps.
Des contrats « douteux », voire « esclavagistes ». C’est ainsi que le député Pety Rakotoniaina, président de la commission d’enquête parlementaire sur la société nationale d’eau et d’électricité (JIRAMA), qualifie les contrats conclus entre cette société nationale et ses prestataires de services. Il s’est exprimé lors d’un point de presse organisé hier à Tsimbazaza. Le député d’Ikalamavony dénonce un déséquilibre important entre les intérêts de ces prestataires et ceux de l’État malgache. « Cela fait trop longtemps que nous nous plions aux exigences exorbitantes de ces prestataires », fustige Pety Rakotoniaina.
Présent lors de ce point de presse, Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, enfonce le clou. Il affirme que si les prestataires ne proposent pas rapidement de solutions, des mesures seront prises. Il précise également que cette rencontre avec la presse marque le début de la communication officielle autour de l’enquête parlementaire. « Nous tiendrons régulièrement des points de presse comme celui-ci pendant toute la durée de l’enquête. Celle-ci durera six mois, conformément à la loi », explique-t-il.
Révision
Quelques heures avant ce point de presse du pouvoir législatif, l’exécutif avait également haussé le ton contre les prestataires, en particulier ENELEC. Le président de la Refondation, le colonel Mickael Randrianirina, a lui-même accordé un ultimatum d’une semaine à cette entreprise pour corriger les insuffisances techniques et administratives si elle souhaite poursuivre sa collaboration avec Madagascar dans le domaine de l’énergie. Pour rappel, ENELEC appuie la JIRAMA dans la distribution d’électricité dans plusieurs grandes villes du pays, notamment Antsiranana, Toamasina et Mahajanga.
Dans un communiqué publié tard dans la soirée d’hier, les responsables d’ENELEC ont répondu au PRRM. Ils expliquent que les pannes actuelles sont d’ordre technique et qu’elles ne relèvent pas uniquement de leur responsabilité. Le communiqué indique également que l’entreprise prend acte des préoccupations exprimées par Mickael Randrianirina et assure que plusieurs solutions sont déjà en cours de mise en œuvre afin de résoudre les problèmes dans plusieurs grandes villes.
Selon un économiste que nous avons contacté, le fait de s’intéresser aux contrats conclus avec les prestataires de la JIRAMA constitue une avancée importante dans la lutte contre les coupures d’électricité. Sans résoudre à lui seul l’ensemble des difficultés de la société nationale, cet expert estime que la révision de ces contrats pourrait faciliter la recherche de solutions durables aux problèmes d’approvisionnement en électricité.
Ravo Andriantsalama








