Le premier paiement issu de la vente des crédits carbone REDD+ est désormais réparti. D'un montant de 39,56 milliards d'ariary, cette rémunération récompense les efforts de Madagascar dans la réduction des émissions liées à la déforestation. Si les structures de l'État en assurent une partie de la gestion, l'essentiel des ressources doit financer les activités de terrain, les communautés locales et les communes engagées dans la préservation des forêts.
Près de quarante milliards d'ariary. C'est le montant du premier paiement perçu par Madagascar dans le cadre du mécanisme REDD+, destiné à rémunérer les performances du pays en matière de réduction des émissions de carbone entre le 22 mars et le 31 décembre 2020. Converti en monnaie nationale, ce premier revenu de 8,82 millions de dollars représente environ 39,5 milliards d’ariary. Les règles de partage de cette enveloppe sont fixées par arrêté interministériel signé par le ministère de l'Environnement et du Développement durable ainsi que le ministère de l'Économie et des Finances, fixe.
Le texte prévoit une répartition en deux grandes catégories. Vingt pour cent des recettes financent les activités liées à la gouvernance du programme REDD+, tandis que quatre-vingts pour cent sont destinés aux actions menées sur le terrain. Cette clé de répartition vise à privilégier les interventions de conservation et les retombées locales tout en assurant le fonctionnement du dispositif.
Projets de terrain
Les principaux bénéficiaires sont les initiatives REDD+ déployées dans les zones forestières. Elles reçoivent 65 % de l'enveloppe globale, soit plus de 25,7 milliards d'ariary. Cette somme est répartie entre plusieurs programmes de conservation, notamment Makira, le Corridor Ankeniheny-Zahamena (CAZ), Masoala, Ambatovaky, Mantadia-Analamazaotra, Marojejy ou encore COMATSA. Ces financements servent à poursuivre les actions de protection des forêts, à soutenir les activités de développement local et à récompenser les communautés qui participent à la conservation des ressources naturelles.
Les structures gouvernementales gèrent, pour leur part, 28 % des recettes, soit un peu plus de 11 milliards d'ariary. Cette enveloppe bénéficie notamment au Budget général de l'État, au Bureau national des changements climatiques et de la REDD+, à la Direction générale de la gouvernance environnementale ainsi qu'aux directions régionales de l'Environnement. Une partie de ces crédits couvre les dépenses de coordination, de suivi et de contrôle du programme, tandis qu'une autre finance les activités sécuritaires menées dans les communes concernées.
Les 119 communes impliquées dans les projets REDD+ se partagent enfin les 7 % restants, soit près de 2,77 milliards d'ariary. Cinq pour cent correspondent aux récompenses attribuées selon les performances environnementales des collectivités, tandis que deux pour cent financent le suivi communal des activités. Les montants varient d'une commune à l'autre en fonction de leurs résultats et de leur implication dans les projets de conservation.
Ravo Andriantsalama








