En déplacement officiel au Caire, le président de la Refondation a réservé une partie de son agenda à une rencontre avec la diaspora malgache. Face à une cinquantaine de ressortissants, Mickaël Randrianirina a multiplié les annonces sur les conditions de vie des Malgaches à l'étranger. Mais il a aussi profité de cette tribune pour dénoncer ce qu'il qualifie de campagne de désinformation visant Madagascar.
Au palais d'El-Qubba, la diplomatie s'est mêlée aux préoccupations du quotidien. Devant les Malgaches installés en Égypte, le président de la refondation de la République, Mickaël Randrianirina a présenté une série de mesures destinées à répondre aux difficultés rencontrées par la communauté. La plus attendue concerne les étudiants. Le chef de la refondation a annoncé une revalorisation de l'allocation annuelle, fixée jusqu'ici à 220 dollars, ainsi qu'un mécanisme permettant de couvrir trois années d'études. Selon lui, les ministères des Finances et de l'Enseignement supérieur travaillent déjà sur les modalités de cette réforme.
L'autre engagement porte sur les services consulaires. Le président promet une délivrance des passeports en quatre jours grâce à la numérisation des procédures, afin d'éviter aux demandeurs de devoir se déplacer jusqu'à Antananarivo. Il a également annoncé l'ouverture prochaine d'une ambassade de Madagascar en Égypte. En attendant, un chargé d'affaires assurera la représentation diplomatique, tandis qu'un consul honoraire devrait être nommé pour accompagner les ressortissants malgaches vivant dans le pays.
La riposte contre les "fake news"
Au-delà des annonces administratives, le discours présidentiel a rapidement pris une tournure politique. Mickaël Randrianirina s'en est pris aux informations circulant sur les réseaux sociaux au sujet de la situation sécuritaire à Madagascar. Selon lui, certains cherchent délibérément à présenter le pays comme plongé dans une insécurité généralisée afin de nuire à son image.
Le président affirme que cette perception ne reflète pas la réalité. Il met en avant les dispositifs sécuritaires mis en place par les autorités, notamment les Task Forces et les Centres opérationnels, censés renforcer la présence des forces de l'ordre sur le territoire. À ses yeux, les contenus diffusés depuis l'étranger reposent souvent sur des comptes anonymes ou usurpés et viseraient à décourager les investisseurs étrangers.
Ce double message résume la séquence égyptienne du chef de la Refondation. D'un côté, des promesses concrètes destinées à améliorer les services rendus à la diaspora, avec des engagements sur les bourses, les passeports et la représentation diplomatique. De l'autre, une offensive de communication visant à défendre l'image de la refondation sur la scène internationale et à contester les critiques relayées sur les réseaux sociaux. Une manière, pour le pouvoir, de faire de la diaspora un interlocuteur privilégié, mais aussi un relais de son discours à l'étranger.
Ravo Andriantsalama








