Des réformes institutionnelles à la protection de l'environnement, en passant par l'économie, l'éducation, le social et la culture, les 400 jeunes réunis au CCI Ivato ont arrêté une série de résolutions à l'issue de la Concertation nationale des jeunes. Ces propositions doivent désormais alimenter les prochaines étapes de la Refondation.
Les travaux de la Concertation nationale des jeunes ont débouché sur une liste de résolutions touchant les principaux défis du pays. Réunis du 29 juillet au 1er août au Centre de conférences internationales (CCI) d'Ivato, les 400 participants issus des 24 régions ont formulé des recommandations dans les cinq volets retenus pour les débats. Les propositions concernent aussi bien l'organisation des institutions que le développement économique, les politiques sociales, la culture ou encore la préservation de l'environnement.
Sur le volet politique et gouvernance, les résolutions se distinguent par plusieurs propositions de réforme. Les participants demandent la dissolution de l'Assemblée nationale et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), estimant que le ministère de l'Intérieur devrait assurer l'organisation des élections. Ils préconisent également une réforme en profondeur de la législation électorale.
Les discussions sur l'organisation de l'État n'ont pas permis de dégager une option unique. Deux modèles ont ainsi été retenus pour alimenter les réflexions de la prochaine concertation nationale : un État unitaire décentralisé et un État fédéral. Les jeunes proposent également d'intégrer les fokontany parmi les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) et de créer un Parlement des jeunes afin de renforcer leur participation aux décisions publiques.
De la politique à l’économie jusqu’à l’environnement
Sur le plan économique, les résolutions mettent l'accent sur la promotion des producteurs locaux et des jeunes entrepreneurs malgaches. Les participants réclament également des mesures destinées à faciliter l'accès des jeunes à l'entrepreneuriat et au financement de leurs projets.
Les recommandations du volet éducation et social portent principalement sur le renforcement des services publics. Les jeunes demandent la construction de logements équipés pour les enseignants, la création d'un centre de formation professionnelle dans chaque commune ainsi que d'un lycée technique et d'un collège agricole dans chaque district. Ils plaident également pour une réforme de l'enseignement supérieur, passant notamment par le développement de l'enseignement à distance, la gratuité du transport des étudiants et une meilleure insertion des nouveaux diplômés sur le marché du travail. L'amélioration de la qualité des soins et un accès plus équitable aux services de santé figurent également parmi les priorités, tout comme la fin du monopole dans le secteur de l'énergie.
Les résolutions consacrées à l'environnement insistent sur le renforcement de la gouvernance environnementale et l'application des textes protégeant les ressources naturelles. Les jeunes proposent la création d'un comité des jeunes pour la protection de l'environnement et demandent une meilleure protection des lanceurs d'alerte. Ils recommandent aussi de renforcer l'éducation environnementale, d'intensifier la lutte contre le changement climatique, d'accélérer le développement des énergies renouvelables, de favoriser l'emploi dans les métiers liés à l'environnement et de développer l'écotourisme. Ils souhaitent enfin promouvoir des activités économiques durables respectueuses de l'environnement.
Les travaux ont également porté sur le volet culturel. Les résolutions adoptées dans ce domaine complètent l'ensemble des propositions élaborées au cours de cette concertation nationale, qui serviront de base aux prochaines discussions sur la refondation du pays.
Ravo Andriantsalama








