Le « dragon » évoqué par le président de la refondation, Michael Randrianirina, lors de la restitution des résolutions de la concertation nationale des jeunes, ne serait pas nécessairement une référence à l’ancien régime. Pour le docteur en politique et relations internationales Harimanana Raniriharinosy, cette image devrait renvoyer davantage aux puissances étrangères. Il appelle surtout à l’unité et à l’inclusion pour sortir Madagascar de la pauvreté.
« L’année dernière, nous avons vaincu avec les jeunes le dragon qui a détruit notre pays depuis plus d’une décennie. » Ce sont les mots prononcés par le président de la refondation, Michael Randrianirina, samedi dernier, lors de son discours à l’occasion de la restitution des résolutions de la concertation nationale des jeunes au Centre de conférences internationales d’Ivato. Une déclaration qui ressemble à une pique adressée aux anciens dirigeants de l’ancien régime. Sans citer expressément de nom, l’assistance a rapidement compris qu’il faisait allusion à l’ancien président Andry Rajoelina.
Pourtant, pour le docteur en politique et relations internationales Harimanana Raniriharinosy, le véritable « dragon » n’est ni un homme ni un Malgache. Selon lui, dans le langage des relations internationales, le terme « dragon » désigne la Chine, l’une des puissances les plus industrialisées au monde. Il existe également l’expression « petits dragons », qui désigne généralement certains pays d’Asie du Sud-Est. Dès lors, considérer l’ancien président ou l’ancien régime comme le « dragon » qui gangrène le pays serait, selon lui, une analyse assez éloignée de la réalité.
L’unité plutôt que la division
Le docteur Raniriharinosy estime surtout que la sortie de Madagascar de la pauvreté extrême passe par la solidarité et l’union de tous les Malgaches. L’inclusion devrait ainsi constituer l’un des mots d’ordre de la concertation nationale à venir.
Néanmoins, l’analyste considère que les propos du président de la refondation peuvent aussi être interprétés sous un angle positif. Malgré la distance affichée avec l’ancien régime, Michael Randrianirina se rapproche progressivement d’autres anciens présidents de la République.
En moins d’une semaine, le colonel Randrianirina a rencontré successivement les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina. La première rencontre s’est tenue au palais présidentiel d’Iavoloha, avant une seconde au Toby Ankaramalaza, dans la région Vatovavy. Pour Harimanana Raniriharinosy, ce rapprochement pourrait ouvrir la voie à une collaboration entre les différents acteurs politiques, notamment dans la perspective des prochaines échéances électorales.
Ravo Andriantsalama








